«Jungle tour»: militants a bicyclette pour les migrants

Pour la deuxième année consécutive, les militants d’un collectif d’associations vont parcourir à vélo les routes de la région, et de Belgique, pour partir à la rencontre des migrants disséminés dans les campements de fortune et autres squatts.

« Si nous utilisons le terme de « jungle », ce qui a pu nous être reprochés, c’est parce que les migrants eux-mêmes utilisent ce terme », pose d’emblée Alain Delamme, en charge de la question des migrants pour Amnesty International – Nord-Pas-de-Calais, comme pour battre en brèche d’éventuelles accusations de « tourisme humanitaire ».

Le principe du « Jungle Tour » est simple : du 2 au 14 juillet, les participants enfourchent leurs bicyclettes pour une série d’étapes dans la région. Chaque jour, ces cyclistes militants sont accueillis par une association défendant le droit des migrants au niveau local. Angres, Calais, Norrent-Fontes, Dunkerque Le parcours emprunte peu ou prou les routes d’errances des migrants venus d’Afghanistan, du Soudan, du Vietnam. Le nombre d’étapes dit sans doute à lui seul l’ampleur des flux migratoires qui continuent de converger sur le territoire régional, malgré les affichages politiques et les destructions régulières de campements.

« Mettre les associations en réseau »

Le premier objectif de ce « Jungle tour » est de « mettre les associations en réseau », explique Alain Delamme. C’est aussi l’occasion de remettre sur la place publique, au niveau local, les questions relatives aux migrants et à la défense de leurs droits. Philippe Wannesson, de l’association calaisienne La Marmitte à idées, évoque notamment la question des violences policières, qui ont fait l’objet mercredi 22 juin « d’une saisine du défenseur des Droits par un collectif d’une vingtaine d’associations, dont le Gisti, sur la base du rapport réalisé par No Border ». Dominique Baudis, tout nouvellement nommé au poste de défenseur des Droits, a prévu de recevoir le collectif dès ce lundi 27 juin.

Le rapport « Calais : cette frontière qui tue »

Ce rapport, intitulé « Calais : cette frontière qui tue », recense de nombreuses accusations d’atteintes aux droits des migrants. Il a été réalisé par des militants de No Border, qui se sont saisis de la question calaisienne en 2009. Adeptes du « cop watching », mode de militance qui implique de se faire le témoin de l’activité policière, ils ont réalisé un rapport à charge sur la base d’un « registre » tenu au quotidien. Arrestations violentes, harcèlement, arrestations de mineurs, « attaques » contre les militants de No Border, le rapport évoque également les questions d’accès aux soins et à l’hygiène.

Rencontre au Parlement européen

Les organisateurs du « Jungle tour » entendent aussi mettre en avant les questions relatives aux droits des migrants, aussi bien au niveau national qu’Européen. Cette année, les organisateurs ont décidé de faire un passage par la Belgique. En plus de souligner que les problèmes rencontrés par les migrants sont aussi pregnants outre-Quièvrain, ce sera l’occasion pour les militants-cyclistes de rencontrer les eurodéputés de la Commission parlementaire européenne des Droits de l’Homme, dont est membre Hélène Flautre, eurodéputée Verte de la région, le 13 juillet.

Principale cible des critiques d’Amnesty International : les « accords de Dublin », qui prévoient notamment qu’une personne ne peut déposer une demande d’asile que dans un seul et unique pays de l’espace Schengen. « Sur le principe, c’est plutôt logique, plutôt rationnel », juge Alain Delamme, « mais son application supposerait que l’on harmonise par le haut les règles concernant les demandes d’asile ». Evoquant le positionnement de la Commission et des gouvernements européens face aux migrants en provenance d’Egypte, de Tunisie et de Libye, Alain Delamme parle ainsi de « réaction de forteresse ».

Source : http://www.nordeclair.fr