Manifestation en vélo pour le droit à l’avortement

Il y a trente ans et des poussières, Claire défilait pour obtenir le droit à l’avortement. Hier, cette sexologue pédalait, à l’appel du Collectif bordelais pour le droit des femmes, afin de préserver ce droit. « Nous sommes là pour alerter la population bordelaise sur les activités intégristes dans leur ville », explique Monique Nicolas, membre du collectif et militante au planning familial. Car la manifestation se veut une initiative symbolique en prévention de la marche annuelle « Oui à la vie » prévue le 21 mai, et orchestrée par les anti-avortements. « Il existe une collusion très forte entre les idées des catholiques extrémistes et celles de l’extrême-droite, poursuit la féministe. Les intégristes sont en train de s’approprier Bordeaux avec leurs centres anti-IVG, leurs écoles, leurs églises… » Pour faire face à ce qu’elles considèrent comme une menace réelle, une cinquantaine de personnes ont enjambé leur vélo pour un parcours à travers les endroits de la ville plus ou moins liés, selon eux, à la mouvance intégriste. Comprenez : l’école Saint-Projet, la librairie La barque des apôtres, l’hôpital Saint-André (pourquoi donc l’hôpital ? « Parce que certains médecins prennent position contre l’avortement »), et bien sûr l’église Saint-Éloi. « Dire que l’on manifeste contre l’ordre moral, cela comprend tout un tas de choses. Dans la conception traditionnaliste de la famille, la femme n’est qu’une pondeuse. C’est la place de la femme dans notre société qui est en jeu », assène Monique Nicolas.

Samedi prochainL’an dernier, l’émission « Les Infiltrés » sur les paroissiens de Saint-Eloi avait, en réaction, mobilisé les défenseurs de l’avortement. Mais cette année, les manifestants craignent qu’il en soit autrement. Ce reportage avait beaucoup marqué Alexandre. Comme une vingtaine d’hommes, il s’est senti concerné par le message de la « vélorution ». « Le droit à l’avortement nous concerne aussi. Nous devons être solidaires de cette cause », remarque cet homme de 44 ans. Ce que Béatrice redoute, c’est la pression croissante exercée par les lobbies anti-avortement. « Le droit des femmes à disposer de leur corps est constamment menacé, souligne cette cycliste convaincue. Beaucoup de femmes pensent que l’IVG est un droit acquis. Moi je pense qu’elles se leurrent ».

Le cortège touche à son but : l’église Saint-Eloi. « On pédale contre l’ordre moral, à vélo contre les fachos », c’est le slogan que scandent les manifestants devant un cordon de sécurité de la police, ce dernier leur bloquant le passage vers l’arche. Rapidement, les cyclistes se dispersent.

Mais avant, le collectif lance un dernier appel à la manifestation samedi prochain à 13 heures, place de la Comédie.

Source : http://www.sudouest.fr