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Source : Revue Anarchiste Caennaise Apériodique

Brasero n°01 – http://ablogm.com/brasero

 
détachement anar Gaggero zone de Voltri lié à la brigade SAP Piva

L’article qui suit sert d’introduction historique et politique au texte « 1943-1945 : les partisans anarchistes dans la résistance italienne », traduit par un compagnon de Caen, texte qui lève le voile sur une page d’histoire du mouvement anar italien qui est assez peu connue en France.

Le mouvement anarchiste sous la dictature fasciste:

Le mouvement anarchiste était politiquement et syndicalement assez influent en Italie au début du 20ème siècle et il fut très actif durant le « bienno rosso » (les 2 années « rouges » qui suivirent la fin de la première guerre mondiale, années qui virent éclore de grands mouvements de grèves et d’occupations, parfois armées, d’usines et de terres). Bien évidemment, cela lui valut d’être particulièrement visé à la fois par la répression étatique et par le fascisme montant. Par la propagande, la grève et l’action armée (importante participation anarchiste aux « Arditi Del popolo », une organisation prolétarienne d’auto-défense contre les attaques fascistes), le mouvement anarchiste s’opposa, vigoureusement mais malheureusement en vain, au développement de la terreur fasciste. Celle-ci était soutenue par l’État et la grande et petite bourgeoisie (agraire, industrielle, financière et commerçante) qui voyait dans le fascisme un excellent moyen de liquider un mouvement ouvrier et paysan trop entreprenant, radical, incontrôlable et tenté par les idées révolutionnaires. Entre 1919 et 1922, les escouades armées fascistes dévastèrent des milliers de locaux politiques, syndicaux, de journaux militants, d’imprimeries, de librairies, de mairies de gauche, de coopératives ouvrières et paysannes, tuant des centaines de personnes et en blessant, plus ou moins gravement, des dizaines de milliers d’autres avec la bénédiction du pouvoir et parfois la protection directe des forces de l’ordre.

Une fois Mussolini invité au pouvoir par le roi après la mise en scène de la marche sur Rome en 1922, le régime fasciste, déjà féroce, ne cessa de se durcir avant de devenir ouvertement dictatorial en 1925 et 1926 avec le vote des lois « fascistissimes ». Le parti fasciste devient parti unique, les autres sont interdits, les syndicats sont dissous, les grèves interdites, toute presse indépendante du pouvoir est interdite, une police politique anti-antifasciste est créée, un tribunal spécial composé de militaires et de miliciens fascistes juge les délits et crimes politiques… Le mouvement anarchiste est contraint à la clandestinité. Des milliers d’anars sont persécutés, tabassés, emprisonnés, assignés à résidence, « confinés » administrativement dans des trous perdus (exil intérieur) ou obligés de fuir le pays… Durant ces années, on peut dire qu’il ne reste plus de mouvement anarchiste constitué, coordonné, organisé au niveau du pays. Ce qui semble subsister en Italie durant ces années ce sont des individus et des groupes réduits et épars, qui se réunissent plus ou moins sporadiquement et toujours clandestinement, maintenant parfois quelques liaisons inter-villes ou inter-régionales, aidant matériellement des compagnons emprisonnés. Des livres, des brochures anars qui ont échappés aux perquisitions ou qui ont été imprimés à l’étranger circulent de la main à la main, sous le manteau. De la presse publiée en exil et entrée en contrebande dans le pays circule aussi parfois un peu. Des individus ou de petits groupes affinitaires passent également à l’action, imprimant et diffusant clandestinement des affichettes et des tracts, graffitant des murs, effectuant des dégradations, des sabotages, incendiant des objectifs liés au régime fasciste, agressant des fascistes isolés, racketant des notables et des industriels fascisants pour financer la lutte clandestine ou aider les prisonniers, réalisant à l’occasion des attentats à l’explosif, mettant sur pied des tentatives d’assassinat contre Mussolini; affrontant la police les armes à la main lorsqu’elle tente de les arrêter… Ces actions armées existent même si elle ne sont pas légions.

A l’étranger aussi des exilés anars attaquent parfois des intérêts, des personnalités ou des ambassades fascistes* ou vont se battre en Espagne en 1936 dans les milices révolutionnaires de la Confédération Nationale du Travail anarchosyndicaliste et de la Fédération Anarchiste Ibérique. Des anars restés en Italie quittent d’ailleurs aussi le pays en 36 pour rejoindre les révolutionnaires espagnols et combattre au grand jour les franquistes soutenus par le régime mussolinien.

L’Italie en guerre :

La participation italienne à la seconde guerre mondiale aux cotés de l’Allemagne nazie va se révéler désastreuse. Désastreuse pour l’armée italienne, mal entraînée, mal commandée, mal équipée (l’industrie italienne est incapable de soutenir un effort de guerre prolongé) et qui accumule les défaites et les pertes. Désastreuse pour la population laborieuse italienne (augmentation des cadences et horaires de travail, salaires de misère, hausse du coût de la vie, rationnement, marché noir, nombreux bombardements alliés, mobilisation en masse d’hommes jeunes ou moins jeunes envoyés au casse-pipe, augmentation de la répression…). Désastreuse pour le régime fasciste de plus en plus corrompu et détesté désormais même au sein de la bourgeoisie, petite ou grande, et de l’armée.

En mars 43, de grandes grèves ouvrières éclatent au nord comme au sud du pays (on parle de 300 000 grévistes).

En juin 1943, les alliés débarquent en Sicile portant la guerre directement sur le territoire italien. Le Grand Conseil du fascisme lâche Mussolini le 24 juillet 1943. Le roi Victor-Emmanuel III ordonne son arrestation le lendemain. Le maréchal Badoglio, qui fut un des « héros » militaires du régime fasciste avant de tomber en disgrâce, prend la tête d’un nouveau gouvernement, dissout le 27 juillet le Parti National Fasciste et entre en relation secrète avec les alliés en vue de signer une armistice. Dès l’annonce de l’arrestation de Mussolini, la population envahit les rues de nombreuses villes saccageant les emblèmes et les locaux fascistes qu’elle rencontre. A Turin, les prisons sont envahies et les détenus libérés. Le nouveau gouvernement libère la plupart des prisonniers politiques antifascistes… à part les anarchistes. Ceux-ci sont pour beaucoup rassemblés dans le camp de Renicci d’Anghiari où les conditions de détention sont épouvantables. Le 17 août la Sicile est entièrement aux mains des alliés. De nouvelles grèves éclatent. Le 3 septembre, les alliés débarquent en Italie continentale à Reggio di Calabria.

Le 8 septembre; Badoglio annonce la signature d’un armistice avant de s’enfuir. Le 8 et le 9 septembre, les alliés débarquent à Salerne et Tarente. L’armée allemande, déjà massivement présente sur le territoire italien, ne perd pas de temps et annonce que les unités italiennes qui ne combattront pas à ses cotés seront désarmées et les soldats considérés comme prisonniers de guerre et aussi qu’en cas de résistance à leur désarmement les soldats seront considérés comme des partisans et liquidés comme tels.

C’est la course aux casernes militaires qui commence. Certaines unités sous contrôle fasciste se rangent aux cotés des nazis. D’autres se laissent désarmer et emprisonner par eux. D’autres se dispersent avant l’arrivée des nazis (qui ne peuvent être partout à la fois) en abandonnant leurs armes. D’autres se dispersent en emportant des armes… au cas où. D’autres unités affrontent directement les nazis avant d’être défaites et de se débander. Parfois cela se fait sur ordre des officiers, parfois sans leurs ordres, parfois contre leurs ordres.

Dans plusieurs villes la population se soulève contre les nazis et les fascistes et s’empare de stocks d’armes qui sont abandonnés ou volés lors d’occupations de casernes par la population ou distribués par des militaires insurgés. Dans d’autres endroits il n’y a pas de soulèvements de masse mais des groupes déterminés d’antifascistes de diverses obédiences pénètrent dans des casernes, appellent à la révolte et la désertion et prennent, volent ou se font donner des armes avant de prendre le maquis, avec ou sans les militaires. Dans bien des prisons militaires, les détenus sont libérés par la population ou par les soldats qui s’apprêtent à s’enfuir.

Au camp de Renicci d’Anghiari, les gardiens s’enfuient sans attendre l’arrivée des allemands. 7000 prisonniers (pour l’essentiel des yougoslaves), dont font partie les dernières dizaines d’anars encore emprisonnés, en profitent pour se faire la belle.

Dans les jours qui suivent l’annonce de l’armistice ce qui est sûr c’est que des milliers et des milliers d’armes changent de mains, que des milliers et des milliers de militaires (c’est à dire, pour la plupart, des civils contraints d’endosser l’uniforme) changent de camp, que des milliers et des milliers d’antifascistes de tous bords s’arment et prennent le maquis ou entrent dans la clandestinité.

Le 12 septembre, les nazis libèrent Mussolini qui crée le 23 du même mois une république fasciste (la République Sociale Italienne) dans la partie de l’Italie encore sous contrôle de l’armée allemande. Le Parti national Fasciste est rebaptisé Parti Républicain Fasciste. Cette « république » poursuit aux cotés des nazis une guerre à outrance contre les alliés et, immédiatement, contre ceux qui ont pris le maquis. La partie de l’Italie qui se trouve derrière les lignes allemandes va désormais connaître également, en plus d’une guerre classique, une guerre civile ayant, au delà de l’affrontement politique fascisme-antifascisme, une forte connotation sociale, de classe.

La participation des anarchistes à la résistance : quelques hypothèses…

L’article qui suit donne pas mal d’informations de base sur cette participation libertaire à la résistance. Il convient de préciser que cette participation anarchiste se produisit dés le début et qu’elle refléta une position majoritaire dans le mouvement anarchiste. Apparemment seule une minorité d’anarchistes n’y participa pas ou ne l’appuya pas soit par pacifisme absolu (d’autres anars pacifistes et non-violents participèrent cependant à la résistance ou l’appuyèrent mais pas sous une forme armée), soit par refus de s’impliquer, fusse de manière limitée ou indirecte, dans un conflit inter-impérialiste (ce que fut indubitablement la seconde guerre mondiale…même si je pense qu’elle ne peut pas être réduite qu’à cela).

La majorité des anarchistes (épris de liberté et donc ennemis irréductibles du fascisme pour de multiples raisons politiques, sociales, culturelles et éthiques) vit semble-t-il dans la situation créée par l’armistice du 8 septembre et l’émergence d’une résistance politique, sociale et militaire appelée inévitablement à se massifier (fin 43, il était évident que nazisme et fascisme courraient à leur perte, ça n’était plus qu’une question de temps) une occasion à saisir pour contribuer à abattre le fascisme, hâter la fin de ce régime haïssable qui avait brisé tant de vies (et déclarait vouloir continuer à en briser d’autres), se regrouper entre anarchistes là où c’était possible (c’est à dire souvent là où le mouvement était le plus implanté, le plus enraciné socialement), rétablir des liaisons entre groupes et individus libertaires, libérer des compagnons incarcérés, s’emparer d’armes, acquérir une expérience du combat, régler des comptes avec les fascistes et les ennemis de classe qui les soutenaient, nouer de nouvelles complicités politiques avec d’autres insurgés, (re)gagner par la lutte (quitte à payer le prix du sang) une sympathie populaire…

Il parait évident que la plupart des anarchistes attendaient au minimum de la Libération le rétablissement des libertés publiques (liberté d’association politique et syndicale, de publication, de réunion, de parole, de manifestation, droit de grève…) et donc la possibilité de relancer et de reconstruire au grand jour un mouvement anarchiste à tous les niveaux (politique, social, culturel, syndical…) et à toutes les échelles (locale, régionale et nationale). Participer à la résistance pouvait s’avérer utile également dans cette perspective.

Il semble aussi évident que la plupart s’attendaient à un après-guerre agité voire porteur de potentialités révolutionnaires (et effectivement les années qui suivirent la guerre, si elles ne furent pas révolutionnaires, furent très agitées: contrôle ouvrier dans certaines usines, prises sauvages de terres, attentats contre des casernes de police, liquidation sauvage de fascistes bien après la fin de la guerre, rançonnement de capitalistes anciens fascistes notoires, nombreuses grèves violentes d’ouvriers et de travailleurs agricoles sans-terres, nombreux manifestantEs tués par la police, attentats fascistes, situation quasi-insurrectionnelle en 48 après la tentative d’assassinat du dirigeant communiste Togliatti…). L’engagement de nombreux anarchistes dans la résistance est sûrement également à relier à cette autre perspective.

Résister et attaquer le fascisme, c’était aussi attaquer l’État (que le fascisme avaient développé tentaculairement et totalement inféodé) et le grand capital qui lui avait facilité la prise du pouvoir. Résister, aujourd’hui, c’était aussi contribuer à ouvrir, demain, un espace politique et social pour la reconstruction du mouvement anar et se renforcer et s’aguerrir pour les luttes à venir dans l’après-guerre. Difficile de croire que ce genre de réflexions n’a pas effleuré les compagnons italiens de cette époque… Participer à la résistance signifiait sûrement pour eux essayer d’avoir prise sur le présent et donc, aussi, sur le futur.

Les anarchistes participèrent en tant que tels, là où ils étaient le plus influents, aux Comités de Libération Nationale (CLN qui coordonnaient tous les courants et partis se réclamant de la lutte anti-fasciste). Il s’agissait donc de structures interclassistes à visées étatistes et démocrates bourgeoises. La question de savoir ce que faisaient des anarchistes dans ce genre de structures se pose. Là encore on peut supputer (il s’agit d’hypothèses au vu du manque de documentation en français sur le sujet) que ce furent les conditions concrètes de la lutte qui primèrent sur une position politique plus cohérente mais finalement abstraite car difficilement applicable en situation.

La participation occasionnelle des anars en tant que tels aux CLN visa vraisemblablement à éviter un certain isolement politique (le traitement spécial réservé aux anars par l’ex-fasciste Badoglio était connu et la participation aux CLN impliquait de facto une reconnaissance et une légitimation de leur existence et influence à certains endroits), à faire obstacle par endroits aux prétentions hégémoniques du PC italien, à accéder à certaines ressources (armes, munitions, informations, finances…), à coordonner l’action militaire, à assurer au cours de la lutte et au moment de la libération à venir un ravitaillement minimal de la population (en particulier de ses secteurs les plus populaires et des réfugiés), à s’assurer que les fascistes notoires se verraient bien présenter l’addition de leurs forfaits à la libération, à couvrir aussi éventuellement à ce moment là la récupération de quelques anciens locaux fascistes et autres moyens utiles au redémarrage du mouvement anar (matériel d’imprimerie, stocks de papiers, fric…)… Chez certains anars des illusions quant à « l’unité et la solidarité antifasciste » forgées au cours de la résistance et quant à l’avènement d’une république sociale à la libération ont aussi pu jouer un rôle dans cette participation aux CNL…

Amer après-guerre :

En Italie, comme ailleurs, l’après-guerre fut source de bien des déceptions. Il y eu de nombreuses luttes réprimées dans le sang. Le PCI, stalinien et puissant, y étouffa progressivement mais pour longtemps les velléités d’autonomie ouvrière.

Les partisans furent appelés par tous les partis (PCI en tête) à rendre les armes, ce qu’ils firent… mais souvent seulement de manière partielle… y compris au sein des fractions les plus dures du PCI (qui tolérèrent parfois régionalement des structures clandestines armées qui se livrèrent à des attentats politiques, anti-patronaux et des exécutions de fascistes et de représentants de la droite comme dans le milanais avec la « Volante Rossa » active jusqu’en 1949).

Le PCI participa aux premiers gouvernements d’après-guerre et fut l’artisan, au nom de la réconciliation nationale, d’une loi d’amnistie qui permit dès 1946 la libération d’environ 7000 fascistes (sur les 12 000 incarcérés à l’époque). La « défascisation » de l’appareil d’État fut toute relative: l’armée, la police, la justice furent peu concernées. Fin 46, un parti néo-fasciste, le Mouvement Social Italien resurgissait légalement tandis que des dizaines de petits groupes clandestins fascistes organisaient homicides et attentats anti-subversifs avec parfois la complicité de certains secteurs du nouveau pouvoir.

La Démocratie Chrétienne arrivait au pouvoir (avec l’appui des USA) et n’allait plus le quitter pendant des décennies.

La « normalisation » fut difficile en Italie. Il fallut souvent pour le pouvoir employer la manière forte et des centaines d’anciens partisans en firent les frais. La guerre était à peine finie que déjà la nouvelle justice « démocratique » s’empressait de faire arrêter plusieurs anarchistes accusés d’avoir rançonné des fascistes et d’avoir tiré sur la police fasciste AVANT LE 8 SEPTEMBRE 43. Eh oui la lutte armée antifasciste après le 8 septembre fut glorifiée mais celle d’avant le 8 septembre fut considérée comme criminelle. Les partisans révolutionnaires qui appuyèrent les armes à la mains les luttes prolétaires de l’immédiat après-guerre, qui liquidèrent des fascistes notoires qui recommençaient parfois à faire parler d’eux quelques mois seulement après la fin des hostilités, qui rançonnèrent des capitalistes et des propriétaires terriens qui avaient soutenu le régime mussolinien, tout ceux là firent l’objet de procédures judiciaires rapides et de lourdes sentences. Ils furent des centaines à faire 5, 10, 15, 20, 30 ans et plus de prison. Les derniers sortirent de taule vers le milieu des années 70.

NOTE:

* A titre d’exemples en France : « Le 3 septembre 1923 à Paris, Mario Castagna élimine le fasciste Gino Jeri. En février 1924, on assiste à une série d’attentats en France contre les sièges du parti fasciste et les consulats italiens. Le 20 février 1924 dans un restaurant parisien, Ernesto Bonomini tue de plusieurs coups de feu Nicola Bonservizi, responsable du parti fasciste à l’extérieur, correspondant du Popolo d’Italia et rédacteur du journal fasciste de Paris, L’Italie Nouvelle. En septembre 1927, Di Modugno commet un attentat contre le comte Nardini, consul de Paris. Le 22 août 1928, le marquis Di Mauro, consul d’Italie, est blessé par un attentat anarchiste à St Raphaël. Le 8 novembre 1928, Angelo Bartolomei tue à coups de revolver le prêtre fasciste don Cesare Cavaradossi, vice-consul de Nancy, qui lui avait proposé de devenir une balance pour éviter l’extradition. En 1928, une grenade explose contre un siège du parti fasciste de Juan-les-pins : Malaspina est arrêté et torturé en prison avant d’être acquitté, faute de preuves. Il mourra l’année suivante à Paris des suites de ce séjour forcé. En 1932, attentat anarchiste à Marseille contre le siège de l’union des anciens combattants italiens. »

Tiré de l’introduction de « Nous fûmes les rebelles, nous fûmes les brigands » de Belgrado Pedrini, Mutines Séditions, 144 pages, 2005.

PETITE BIBLIOGRAPHIE EN FRANCAIS :

Sur la participation des anars italiens aux Arditi Del Popolo pendant la montée du fascisme : « Les Arditi Del popolo et les premiers mouvements d’opposition au fascisme ». Téléchargeable ici: http://www.anartoka.com/sia/viewtopic.php?t=65

Sur la participation de certains anars à la résistance italienne, l’incontournable: « Nous fûmes les rebelles, nous fûmes les brigands » de Belgrado Pedrini, Mutines Séditions, 144 pages, 2005. Téléchargeable ici : http://mutineseditions.free.fr/Pedrini/pedrinindex.html

Sur la question plus générale de l’antifascisme, 2 brochures intéressantes : « Contre le fascisme, contre l’État » et « L’anarchisme contre l’antifascisme ». Ces 2 brochures sont téléchargeables ici (http://infokiosques.net/spip.php?article252) et ici (http://infokiosques.net/spip.php?article722)

1943-1945 : les partisans anarchistes

DANS LA RÉSISTANCE ITALIENNE

Ce texte a été trouvé, en anglais, sur le site internet libcom.org (qui, disons le, au passage, pour celles et ceux qui comprennent l’anglais, regorge de textes intéressants).

Il s’agit à l’origine d’un texte italien paru dans le journal anarchiste « Umanita Nova » le 7 avril 1985. Sa version anglaise a été compilée avec d’autres textes sur la résistance anarchiste en Italie dans une brochure appelée « Prisoners and partisans. Italian anarchists in the struggle against fascism », brochure diffusée par une maison d’éditions libertaire, la Kate Sharpley Library. Un compagnon du SIA de Caen en a assuré la traduction en français et a également rédigé les quelques notes complémentaires qui accompagnent cette traduction. Cette traduction n’a pas été féminisée car bien que, comme souvent, de nombreuses femmes aient participé à la résistance comme courriers, liaisons, pour des soins, du ravitaillement, du transport, du recueil de renseignement ou de l’hébergement clandestin (bref des taches de soutien logistique vitales mais peu valorisées historiquement, documentairement, symboliquement…), le texte traduit est, quant à lui, centré sur l’action armée partisane… qui fut essentiellement le fait d’hommes.

Notes historiques sur les activités des partisans anarchistes dans la résistance antifasciste en Italie durant la seconde guerre mondiale.

L’Italie se rendit officiellement face aux alliés le 8 septembre 1943, bien que des zones de l’Italie centrale et du Nord soient restées aux mains des allemands et de la république fasciste de Salo. Les anarchistes se lancèrent immédiatement dans la lutte armée, établissant où c’était possible des formations autonomes ( Carrare, Pistoia, Gênes et Milan) ou, comme ce fut le cas la plupart du temps, rejoignant d’autres formations comme les brigades socialistes « Matteotti », les brigades communistes « Garibaldi », les unités « Justice et Liberté » du Parti d’Action.

20 ans de dictature fasciste qui, peut-être délibérément, labellisa toute forme d’opposition comme étant « communiste », l’exil, l’emprisonnement et, également, le traitement très spécial que le gouvernement post-fasciste de Badoglio réserva aux anarchistes contribuèrent certainement à rendre très difficile toute reconstruction organisationnelle immédiate du mouvement libertaire.

Ce fut dans ce contexte spécial, marqué par la confusion et la désorientation, qu’eut lieu une hémorragie loin d’être négligeable parmi certains libertaires en direction du Parti d’Action, du Parti Socialiste et parfois du Parti Communiste. Alors que la participation anarchiste à la lutte des partisans fut manifeste, spécialement en terme d’effusion de sang, elle exerça aussi une faible influence. Cela était dû à l’hégémonie complète des idées social-démocrates à travers un arc de groupements politiques allant des libéraux jusqu’aux communistes.

Voici des détails sur les anarchistes dans la lutte des partisans antifascistes dans différentes régions d’Italie depuis l’époque de la reddition italienne.

ROME :

À Rome, les anarchistes se retrouvèrent dans plusieurs formations résistantes, spécialement celle commandée par le républicain Vincenzo Baldazzi qui était bien connu des compagnons comme étant un vieil ami du célèbre anarchiste italien Errico Malatesta. Dans bien des cas ils donnèrent leur vie pour la résistance romaine. Parmi ceux qui tombèrent, il y eut Aldo Eluisi, qui périt dans les grottes Andentines ; Rizieri Fantini, abattu à Fonte Bravetta, Alberto Di Giacomo alias « Moro » et Giovanni Callentella qui furent tous deux déportés en Allemagne et n’en revinrent pas ; Dore, un sarde de naissance, mourut au cours d’une mission derrière les lignes.

RÉGION DES MARCHES :

Dans les Marches les anarchistes participèrent à plusieurs formations de partisans à Ancône, Fermo, Sassoferato et Macera (où Alfonso Pettinari, ex-interné et commissaire politique d’une brigade « Garibaldi » trouva la mort).

PIOMBINO :

Piombino, une ville sidérurgique avec une importante tradition anarchiste et surtout syndicaliste révolutionnaire, connut une insurrection populaire contre les nazis le 10 septembre 1943. Parmi les anarchistes qui prirent part au soulèvement, il y avait Adriano Vanni, qui opéra comme partisan dans la zone de Maremma et qui fut appelé à rejoindre le CLN (Comité de Libération Nationale) local (une organisme constitué par un large spectre de partis antifascistes).

LIVOURNE :

À Livourne, les anarchistes furent parmi les premiers à s’emparer des armes stockées dans les casernes et à l’académie navale d’Antignano, armes utilisées plus tard contre les allemands et les fascistes. Organisés au sein des GAP (Groupes d’Action Patriotiques), ils prirent part aux opérations de guérilla dans la région autour de Pise et de Livourne et furent représentés dans le CLN de cette ville. Virgilio Antonelli se distingua dans la libération des otages et des prisonniers.

APUA :

À Apua, la contribution libertaire à la résistance fut considérable et cruciale. Les formations de partisans anarchistes actives dans la région de Carrare avaient pour noms « G. Lucetti » (60-80 membres), « Lucetti bis » (forte de 58 membres, ces 2 groupes portant le nom de l’anarchiste Gino Lucetti (1) qui fut exécuté pour avoir tenté d’assassiner Mussolini), « M. Schirru » (2) (forte de 454 membres, nommée en hommage à Michele Schirru, un autre anarchiste qui tenta d’assassiner le Duce), « Garibaldi Lunense » et « Elio » (30 membres).

Après le 8 septembre, les anarchistes (dont Romualdo Del Papa, Galeotti et Pelliccia) menèrent l’attaque contre la caserne Dogali, pillant l’armurerie et incitant les troupes alpines à déserter et à rejoindre les partisans.

Dans les grottes de Lorano toutes proches, Ugo Mazzuchelli utilisa ces armes pour constituer la formation « G. Lucetti » dont il devint le commandant. Dans le cadre de la brigade Appienne, ses taches furent de pourvoir à son propre financement et d’aider la population à obtenir des vivres par le moyen d’expropriations justifiées (vols contre les capitalistes).

Étant passés à travers l’amère expérience de la guerre civile et de la révolution espagnole 1936-39, dans laquelle les communistes se tournèrent contre les anarchistes et les travailleurs pour s’emparer du pouvoir, les compagnons les plus « expérimentés » se méfiaient d’eux à juste titre. Quelques unités communistes furent parfois impliquées dans des épisodes qui frôlèrent l’indécence. Mais il faut souligner que la présence des libertaires et anarchistes était discernable dans virtuellement chaque formation, même s’ils n’avaient pas d’unités propres, que ce soit sous un sigle ou un autre.

Parmi les incidents inconvenants nous devons mentionner celui auquel Mazzuchelli et ses hommes furent confrontés, sous un feu mortel de mitrailleuse, après avoir ouvert la voie à travers le pont de Casette, à la demande curieuse et insistante des partisans communistes.

En novembre 1944, après une rafle qui coûta la vie à six hommes, l’unité « G. Lucetti » se déplaça dans la province de Lucca, qui était déjà libérée. Mazuchelli et ses fils Carlo et Alvaro repassèrent alors de nouveau la ligne de front pour constituer l’unité « Michele Schirru » qui aida à libérer Carrare avant que les alliés n’apparaissent.

Parmi les nombreuses personnes qui se distinguèrent, et dont la liste est trop longue pour entrer dans cet article, citons le commandant Elio Wochiacevich, Venturini Perissino et Renato Machiarini. Le prix du sang payé par la population de Carrare fut élevé : les anarchistes réussirent à lier la lutte sociale avec la lutte armée pour la liberté et cela perdura des années après la libération avec les coopératives comme celle « Del Partigiano » (coopérative de consommation), la « Lucetti » (coopérative de reconstruction) et plusieurs pratiques de nature sociale (comme des cultures collectives, la constitution d’équipes de volontaires pour entretenir les canaux des rivières…).

LUCCA ET GARFAGNANO :

À Lucca et Garfagnano, dans les montagnes desquelles les anarchistes de Pistoia et Livourne opéraient également (comme Peruzzi, Paoleschi…), les anarchistes se retrouvèrent dans une unité autonome commandée par Pippo (Manrico Ducceschi). Le CLN provincial avait été fondé par le libertaire Federico Peccianti et ses réunions se tenaient dans sa maison. L’unité de Pippo captura au moins 8000 prisonniers nazis et subit 300 pertes. Libero Mariotti de Piatrasanta et Nello Malacarne de Livourne passèrent une longue période derrière les barreaux dans la prison de San Giorgio à Lucca. Les anarchistes les plus connus parmi ceux qui furent tués étaient Luigi Velani, adjudant-major de la formation de Pippo, Ferrucio Arrighi et Vitorio Giovanetti, les 2 derniers en charge de la supervision des contacts entre les forces anti-fascistes dans la ville.

PISTOIA :

Pistoia fut le théâtre d’opérations de l’unité anarchiste de Silvano Fedi (3), constituée de 53 partisans qui se distinguèrent spécialement par l’aide qu’ils apportèrent aux personnes déplacées. Un groupe initial de résistance se forma grâce au travail d’Egisto et Minos Gori, Tito et Mario Eschini, Tiziano Palandri, Silvano Fedi et d’autres et réalisa une variété de missions qui incluait la récupération d’armes pour d’autres unités de la résistance et la libération de prisonniers. La figure de son jeune commandant, Silvano Fedi, fut légendaire : il périt dans une embuscade (dont les circonstances sont obscures) tendue par des italiens comme en a témoigné Enzo Capecchi qui était sur place. Capecchi fut alors commandant avant d’être blessé. L’unité de Fedi, sous le commandement d’Artese Benesperi, fut la première à entrer à Pistoia à la libération.

FLORENCE :

À Florence, où Latini, Boccone et Puzzoli avaient plus tôt publié une première édition d’« Humanité Nouvelle », le premier groupe armé fut formé à Monte Morello sous le commandement de l’anarchiste Lanciotto Ballerini qui mourut au combat. Les historiens officiels ont correctement décrit Lanciotto Ballerini comme un héros mais ils ont « oublié » de dire que c’était un anarchiste. Parmi ceux qui périrent également au combat, il y eut Gino Manetti et Oreste Ristori, tous les deux abattus. Ristori, d’Empoli, avait auparavant été actif comme émigrant au Brésil et en Argentine avant de combattre en Espagne.

AREZZO :

Dans la province d’Arezzo, les anarchistes furent spécialement actifs dans la résistance dans le Valdamo, au vue des riches traditions anti-fasciste et de lutte sociale de cette zone. Le mineur Osvaldo Bianchi fit partie du CLN à San Giovanni Valdamo comme représentant des groupes anarchistes. Par ailleurs, Renato Sarri de Figline et Italo Grofoni, ce dernier en charge de la fourniture d’explosifs au CLN toscan de Florence, se distinguèrent aussi. Plus tard une contribution cruciale fut apportée par Guiseppe Livi d’Angliari qui fut actif dans les « groupes périphériques » qui opéraient à Vultiberina et aida à démasquer, juste à temps, un espion allemand qui avait infiltré les partisans de Florence.

RAVENNE :

À Ravenne, de nombreux anarchistes combattirent dans la 28 ème brigade Garibaldi. Parmi les plus connus d’entre eux Primo Bertolazi (un membre du CLN provincial), Guglielmo Bartolini, Pasquale Orselli (qui commanda la première patrouille de partisans à entrer dans Ravenne libérée), Giovanni Melandri (responsable de l’approvisionnement en armes et nourriture et victime, au coté d’une de ses sœurs, d’une opération allemande de représailles).

BOLOGNE ET MODENE :

À Bologne et dans la province de Modène furent particulièrement actifs les compagnons suivants : Primo Bassi d’Imola, Vindice Rabitti, Ulisse Merli, Aladino Benetti et Atilio Diolaiti. Diolaiti, abattu en 1944 au monastère chartreux à Bologne, avait pris une part importante dans la fondation d’une des premières brigades de partisans à Imola, la « Biancocini » et à Bologne, la « Fratelli Bandiera » et la 7ème unité GAP. Dans Modène libérée, le très jeune Goliardo Fiaschi marchait à la tête de la troisième brigade « Costrignano » de la division « Modène », commandée par Araniano. À Reggio Emilia, Enrico Zambonini, qui avait été actif dans les Apennins autour de Villa Minozzo, fut exécuté après avoir été capturé au coté du groupe de Don Paquino Borghi. Il mourut en criant « Vive l’anarchie ! » au peloton d’exécution.

PIACENZA :

À Piacenza, parmi les anarchistes se détachèrent Savino Fomasari et Emilio Canzi qui sont liés, en dehors de bien d’autres choses, par leurs morts très étranges au cours d’accidents de la route.

Emilio Canzi avait très tôt combattu le fascisme dès les années 20 dans les rangs des Arditi Del Popolo et plus tard durant la guerre civile espagnole. Il avait été capturé par les allemands en France, déporté en Allemagne avant d’être interné en Italie. Après le 8 septembre 1943, il organisa les premières bandes de partisans. Capturé par les Brigades Noires fascistes, il fut échangé contre d’autres otages. Reprenant son poste, il commanda 3 divisions et 22 brigades (un total de plus de 10 000 hommes) avec le rang de colonel et utilisa le nom de guerre d’Ezio Franchi. Les unités de La Spezia-Sarzana opérèrent en coordination étroite avec celles toutes proches de Carrare. Deux groupes de partisans étaient commandés par les libertaires Contri et Del Carpio. Les anarchistes de La Spezia, Renato Olivieri (qui avait été plus tôt prisonnier politique durant 23 ans) et Renato Perini moururent dans des échanges de coups de feu contre les nazis alors qu’ils couvraient la retraite de leurs camarades partisans.

GÊNES :

À Gênes, les groupes de combat anarchistes opérèrent sous les noms de brigade « Pisacane », la formation « Malatesta », les SAP-FCL, les SAP-FCL de Sestri Ouest (SAP signifiant « équipes d’action patriotique » )et les « Escouades d’Action Anarchiste » d’Arenzano. La tentative de mettre en place un « Front Uni » avec toutes les forces anti-fascistes échoua à cause des tentatives des communistes d’imposer leur propre hégémonie.

Par ailleurs, les anarchistes avaient leur propre représentation mais seulement dans des CLN éloignés et cela les obligea à s’engager dans la lutte armée en comptant sur leurs propres forces. Les activités furent développées par la Fédération Communiste Libertaire (FCL) et par le syndicat anarcho-syndicaliste clandestin, l’USI, qui venait juste de réapparaître dans les usines. Le sanglant sacrifice des anarchistes génois dans la résistance fut vraiment substantiel avec plusieurs douzaines de morts tombés lors de fusillades, d’exécutions ou de déportations. En en omettant de nombreux autres, nous rappelons parmi les plus actifs d’entre eux : Grassini, Adelmo Sardini Pasticio et Antonio Pittaluga.. Pittaluga mourut à la veille de la libération : avant de se rendre et d’être abattu, il lança une grenade contre la patrouille allemande qui le captura. Le partisan anarchiste, Isodoro Parodi, mourut dans la ville voisine de Savone.

TURIN :

Dans la ville industrielle de Turin, spécialement dans les usines FIAT, opérait l’unité anarchiste appelée le 33ème bataillon SAP « Pietro Ferrero ». Parmi nos camarades tombés il y eut Dario Cagno, qui fut condamné à être fusillé pour son implication dans l’assasinat d’un fasciste ; il y eut aussi Ilio Baroni, originellement de Piombino. Le camarade Ruju, un partisan de la division « De Vitis », refusa la médaille militaire du courage que l’État lui offrit plus tard pour honorer sa capture de pas moins de 500 soldats allemands.

ASTI ET CUNEO :

Dans les zones d’Asti et Cuneo, les anarchistes étaient présents dans les brigades « Garibaldi ». Le plus connu d’entre eux était Giacomo Tartaglino qui avait été impliqué auparavant dans le mouvement spartakiste en Bavière en 1919. Dans le district de Vincelli, parmi plusieurs anarchistes qui se distinguèrent par leur courage et leur audace il y eut Guiseppe Ruzza qui servit dans l’unité « Valsesia » commandée par Moscatelli. À Milan les fils de la lutte clandestine furent tissés initialement par Pietro Bruzzi qui mourut après 5 jours de tortures mais sans révéler quoique ce soit aux nazis.

Après sa mort, les anarchistes fondèrent les brigades « Malatesta » et « Bruzzi », regroupant 1300 partisans. Elles opérèrent sous l’égide de la formation « Matteotti » et jouèrent un premier rôle dans la libération de Milan. Commandé par Mario Mantovani durant l’insurrection de 1945, les 2 brigades se distinguèrent par leur nombreux raids sur les casernes fascistes et également par leur aide à la population en général. Parmi les très jeunes compagnons, il y avait Guiseppe Pinelli qui servit dans les GAP.

PAVIE :

Dans la province de Pavie opérait la 2ème brigade « Errico Malatesta » menée par Antonio Pietropaolo qui participa à la libération de Milan. À Brescia les anarchistes se retrouvaient dans la formation mixte GL (Giustizia e liberta)/ Garibaldi. Parmi les plus actifs d’entre eux, il y avait Borolo Ballarini et Ettore Bonometti.

VÉRONE :

À Vérone, l’anarchiste Giovanni Domaschi fut fondateur du CLN. Arrêté par les SS, il fut torturé, eut une oreille coupée mais refusa de parler et fut déporté en Allemagne où il disparu dans les camps de concentration. Enfin, dans la région Vénitie Guilia – Frioul de nombreux anarchistes travaillèrent avec les formations communistes comme la division « Garibaldi –Frioul ». À Trieste, la liaison fut maintenue par Giovanni Bidolo qui mourut plus tard dans les camps allemands au coté d’un autre anarchiste de Trieste, Carlo Benussi. Fut également actif Turcinovich qui, à la suite d’une rafle, s’enfuit à Gênes où il combattit avec la résistance locale. À Alta Camia, où Petri et Aso (qui mourut dans l’attaque de la caserne allemande à Sappada) avait une position éminente, les anarchistes aidèrent à mettre en place une zone libérée autogérée.

En toute probabilité le nombre de combattants anarchistes qui périrent dans l’ensemble de l’Italie centrale et du Nord excéda une centaine.

L’amnistie qui fut accordée aux fascistes et les injustices sociales de l’Italie républicaine et démocratique amena plus tard les anarchistes (et pas seulement les anarchistes) à comprendre que l’esprit du CLN avait été abandonné et la résistance trahie.

NOTES COMPLÉMENTAIRES DU TRADUCTEUR :

1) Gino Lucetti : Né en 1900 à carrare, ville ayant une très forte présence anarchiste. De tendance individualiste, il participe aux nombreuses luttes du début des années 20 et à de nombreux affrontements contre les fascistes. Blessé par balle lors d’une fusillade contre les fachos, il est embarqué clandestinement sur un navire à destination de la France où il peut se faire soigner. Vivant dés lors en France, il élabore avec d’autres anarchistes et des membres du Parti d’Action un projet d’attentat contre Mussolini. Le 11 septembre 1926, il jette une bombe sur la voiture du Duce. Celle-ci atterrit sur le pare-brise mais n’éclate pas immédiatement, elle rebondit puis explose à quelques mètres du véhicule. Arrêté, Lucetti est condamné à 30 ans d’emprisonnement. 2 de ses complices sont également arrêtés et condamnés à 20 ans de prison. Gino Lucetti, toujours emprisonné, trouve la mort en septembre 1943 lors d’un bombardement.

2) Michael Schirru : Italien naturalisé américain et anarchiste, il se rendit en 1931 en Italie pour tenter d’assassiner Mussolini. Il fut arrêté le 3 février à son hôtel et emmené au commissariat. Là-bas, lorsqu’on voulut le fouiller, il sortit une arme et ouvrit le feu sur 3 policiers avant de se tirer une balle dans la tête. Opéré, il survécut. La police trouva dans une autre chambre d’hôtel louée par Schirru 2 bombes destinées à un attentat contre Mussolini. Il fut jugé par un tribunal spécial le 28 mai pour tentatives de meurtres (contre les policiers et Mussolini) et condamné à mort alors même que la peine de mort ne pouvait pas légalement s’appliquer à son cas. Moins de 9 heures plus tard, il fut abattu par un peloton d’exécution fasciste.

3) Silvano Fedi : Né en 1920, il se politise au lycée. En 1939, il est arrêté avec d’autres jeunes par la police politique secrète, l’OVRA, et condamné à un an de détention pour propagande communiste. Suite à de nombreuses discussions avec des anarchistes, il se déclare communiste libertaire et participe activement au mouvement anar clandestin de Pistoia ce qui lui vaudra d’être de nouveau arrêté temporairement à plusieurs reprises. Il participe à la création du premier détachement de partisans dans la ville de Pistoia et mène plusieurs attaques contre l’arsenal de la forteresse de Santa Barbera ce qui permet la récupération de nombreuses armes. Il contribuera également avant sa mort à la libération de dizaines de prisonniers et au ravitaillement de la population affamée. Il se déclarait opposé à tout éventuel désarmement futur des partisans par les forces alliées et affirmait la nécessité de poursuivre la lutte partisane jusqu’à la révolution sociale. De nombreux bâtiments publics et la rue principale de Pistoia portent encore son nom.

Source : Revue Anarchiste Caennaise Apériodique

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partisan italien pendu pour une attaque contre la division fasciste Decima 1945 Ivrea

Mussolini et Clara Petacci pendus Milan Place Loreto 29 avril 1945

détachement anar Gaggero zone de Voltri lié à la brigade SAP Piva

détachement anar Cianchi de Gênes centre lié à la brigade SAp Matteotti

 

 
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L’Assemblée Générale Intercatégorielle de Lutte (AGIL) à Caen

Cette AG s’est créée dès le 7 septembre, à l’issue de la première manifestation nationale, à l’initiative de l’Assemblée Libertaire, de la FSE (syndicat étudiant) et de Sud-éducation. Cette AG – autonome de toute organisation ou tout groupe constitué – s’est définie « comme un lieu de rencontre pour toute personne (salarié-es, chômeurs-euses, étudiant-es, lycéen-nes, retraité-es), syndiquée ou non, désireuse de lutter et de créer un rapport de force ». C’est une centaine de personnes environ qui vont participer à l’AGIL au plus fort de la lutte. Les revendications sont les suivantes :

    • Abrogation totale de la réforme des retraites
    • Refus de toutes les politiques anti-sociales
    • Aucune négociation envisageable

La première action eut lieu le samedi matin 2 octobre : trois banques sont successivement occupées une vingtaine de minutes en centre-ville, tracts et banderoles à l’appui. Comme pour la manif nationale du jeudi 23 septembre, un cortège intercatégoriel prend place au sein de la manif du samedi après-midi, avec collage d’affiches (« grève générale », « seule la lutte paye », « travailler moins pour vivre plus » etc.), diff de tracts et bombage au sol.

Par la suite, des actions indépendantes de l’Intersyndicale vont être menées avec l’AG étudiante et parfois l’AG interlycéenne : blocages de flux, blocages économiques, occupations de lieux institutionnels. L’AGIL va aussi rejoindre les actions de blocage économique appelées par l’Intersyndicale, notamment sur les dépôts pétroliers, et ses membres vont souvent participer à aller au-delà des consignes de l’Intersyndicale. Les AGs trouvent leur rythme, les personnes se rencontrent. Peu de syndiqué-es en général, mais plusieurs personnes de SUD vont prendre part activement à cette AG (notamment de Sud-PTT, Sud santé-social, Sud-éducation…). Si la perspective intercatégorielle a souvent été visée dans les mouvements précédents, celle-ci n’a jamais été véritablement effective, alors que c’est davantage le cas dans cette AG. Les commissions « action » se font en commun avec l’AG étudiante, comme les équipes juridique et médicale qui se mettent en place.

Une commission « caisse de grève » est aussi créée, toujours avec l’AG étudiante. Un tiers de l’argent récolté en faisant appel à la solidarité avec les grévistes est réservé aux membres de l’AGIL et de l’AG étudiante qui en auraient besoin (866E). 600E ont servi à apporter du soutien financier à la raffinerie du Havre en grève. 1000E ont été remis aux salarié-es en lutte de Plysorol à Lisieux qui occupent leur usine depuis octobre. Cette boîte de fabrication de contreplaqué est en effet fermée et les salarié-es licencié-es malgré les promesses du repreneur chinois de maintenir les emplois jusqu’en 2012. Les salarié-es réclament au moins 20000E par personne. Des contacts ont été aussi établis avec la boulangerie industrielle Panavi sur Caen, dont les salarié-es ont appris la fermeture probablement pour le printemps 2011. Avec la fin de la lutte sur les retraites, l’AGIL a continué quelques AGs et participé aux coordinations « grand-ouest » et nationale des AGs interpros. Elle se veut aussi un lieu d’appui pour des boîtes et secteurs en lutte, et c’est via les contacts établis dans cette AG que le soutien à Panavi se construit en ce moment même. Un front de résistance se met en place. Rien n’est fini, mais tout commence !

Source : Revue Anarchiste Caennaise Apériodique

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ANALYSE SUR LE MOUVEMENT DES RETRAITES ET PERSPECTIVES

MÉDIA BOURGEOIS ET SYNDICATS RÉFORMATEURS : MÊME COMBAT.

Nos moyens de résistance, de révolte ou d’expression sont usés et devenus peu efficaces. Suivre les calendriers mous et la non-volonté des centrales syndicales de masse et suivre les images et commentaires orientés des média n’aboutira à rien. Le gouvernement le sait très bien et c’est ainsi qu’il nomme les premiers « les partenaires sociaux » et qu’il contrôle les seconds. Il peut alors resté sur ses positions sans inquiétudes, tout en continuant à nourrir le patronat.

Sur ce point, l’alliance entre ces pôles de pouvoir, a de nouveau été claire et net. Et cela aussi bien au niveau local que national.

Au niveau populaire,le caractère nuisible du gouvernement, ne semble pas ou peu contesté aujourd’hui. Et cela est en partie causé par le côté décomplexé des dirigeants actuels qui affichent leur domination avec perversion et mesquinerie. Transparaît alors d’autant plus l’oligarchie et le népotisme pourtant propre à tout Etat…

En ce qui concerne les média de masse, là non plus rien de nouveau. A coup d’émotions (la colère quand il y a des « bloqueurs », la haine quand il y a des « casseurs », la tristesse quand il y a une jeune victime…) et de sondages à tout va, ils ont anesthésié l’esprit critique et évité toutes alternatives possibles (c’est la théorie du faux dilemme : la retraite à 60 ou à 62 ans ?…).

Quand aux centrales syndicales, bien nourris entre les deux autres formes de pouvoir, elles ont fait…des adhésions. Avaient-elles d’autres stratégies ? Se rendaient-elles compte qu’elles étaient (pour la majorité d’entre elles) dans cette démarche ? Ils défendent la retraite alors qu’un de leur statut de base est la suppression du salariat. On sent bien à quel degré est arrivé la résignation et la mascarade. En effet, elles ont « conduit » la lutte de manière étalée dans le temps (9 journées de mobilisation sur 6 mois) imposant ainsi une dynamique molle et stérile (pas d’appel pour des grèves reconductibles ou une grève générale mais de multiples «  appel au calme »,…). Elles ont fait cela, alors que le nombre de manifestants dans les rues étaient conséquents, que les luttes étaient parfois radicales, que les différentes catégories socio-professionnels s’étaient rejoints, et que la colère et la détermination étaient manifestes. Même si les secrétaires généraux ont été dépassé par leurs bases (et c’est tant mieux !), il n’en reste pas moins que les même comportements de commerciaux ou de pseudos-flics sont malgré tout encore très présent sur le front. Certes, tout cela est à nuancé (FO se retirant de l’intersyndical, des militants de base de tout poil n’avaient que faire des ordres donnés par les petits chefs locaux…) et mériterait d’être développé. Mais notre amertume est grande et nos regrets profonds devant la casse d’initiatives et d’imagination que cela a engendré.

AUTO-ORGANISATION ET AUTO-GESTION.

La retraite n’était qu’un prétexte, car c’est tout un système que nous refusons. Un prétexte qui est à l’image d’une carotte qu’il faut abolir comme le bâton salarial. Aussi, pour arriver à nos fins, nous restons persuadés qu’il faut que nous organisions nous mêmes nos luttes et que nous créons nous même nos moyens d’information, de soins, d’alimentation…. Et à petite échelle, c’est ce qui s’est passé pendant ce mouvement. Et cela nous semble de bonne augure pour la suite…

En effet, la base, composée de toute sorte de gens, a largement dépassé les ordres donnés par les chefferies syndicales. Leur autoritarisme combiné à leur incapacité à changer quoique se soit y sont surement pour quelque chose. Aussi, la convergence des luttes que nous souhaitons tant, s’est mise en place, avec un mot d’ordre : « ne rien lâcher ». Les étudiants et les lycéens ont malgré tout assez bien embrayé le pas, rendant plus fort ce mouvement d’ampleur.

Des débordements de manif plan-plan et des actions/blocages ont eu lieu avec détermination. D’autres moyens d’organiser la lutte, notamment via des AG intercatégorielles ont pu se faire. Et cela, en occupant parfois des lieux illégalement. Ainsi le 27 Novembre 2010, ce sont pas moins de 36 collectifs locaux qui se sont réunis à Nantes, concrétisant la volonté de structurer librement et horizontalement la lutte, sans passer par des organismes viciés.

En pratique, via ces comités, une réappropriation des média s’est effectuée (feuilles d’info-luttes, sites internet…) et a pu faire le lien entre des actions locales, nationales voir internationales. Des coordinations de veille juridique et même des équipes « médicales » se sont créer afin de pallier aux potentielles conséquences d’affrontement avec les flics. Des bouffes, des partages de temps libre et entraides (garde de mômes, dépannages divers…) ont aussi vu le jour.

Aussi, L’idée de multiplier les actions et les blocages de l’économie s’est fortement développée au niveau national comme au niveau local. Ces actions/blocages ciblaient principalement : le renforcement de piquets de grèves, le blocage des transports (routiers, ferroviaires, ports…), le blocage de zones industrielles, … S’y ajoutent également des actions d’expression et des actions symboliques (banderoles et collages d’affiches, investissements de sièges (UMP, MEDEF), de venues de ministres…). Ceci étant, bien que cela effrayait quelque peu le gouvernement, il n’en reste pas moins que le blocage économique touche à la fois aux intérêts du Capital mais aussi à ceux des travailleurs et travailleuses… et ces derniers peuvent souvent résister moins longtemps que la classe capitaliste (État ou grosses entreprises). Ainsi les premiers gestes de solidarité sont apparus. Les caisses de grève, la solidarité internationale (des mouvements grec, brésilien, marocain, belge ont déjà fait part de leur soutien) ont vu le jour. Par ailleurs cela auraient du se poursuivre par des pratiques collectives d’auto-réduction, ou opérations « caddies gratuits ».

Cet élan n’aurait pas dû s’arrêter ici. C’est pourquoi nous souhaitons utiliser d’autres moyens de pressions tout en continuant ce qui s’est mis en place.

IL FAUT ALLER PLUS LOIN.

Aussi, l’idée de grève générale à été maintes fois rappelée. En vain pour cette fois. Pourtant c’est bien par ce moyen que nous arriverons à certaines fins. D’autant plus que de la grève générale, on peut aller plus loin et notamment vers la grève expropriatrice et auto-gestionnaire. En effet, celle-ci peut démarrer par l’extension rapide de la grève, dans une situation de désorganisation et lorsque sa revendication essentielle prend un caractère universel et touche aux structures économiques du système. Elle entraîne alors l’occupation des lieux de travail : usines, ateliers, bureaux…A ce stade, ce ne sont plus les travailleuses et travailleurs syndiqués, mais tous les travailleurs et travailleuses de l’entreprise qui se trouvent en mouvement. C’est pendant cette période où l’État et les organisations syndicales et politiques sont désemparés que l’action décisive est possible. C’est l’instant où de grève revendicative, de grève de refus, la grève devrait devenir expropriatrice puis autogestionnaire. C’est l’instant où les usines doivent se remettre à tourner sans leur direction. C’est l’instant de la chance révolutionnaire. C’est finalement le sentiment de sortir du commun, d’échapper aux échecs précédents, qui pousserait les hommes et les femmes vers les occupations autogestionnaires de leur entreprise comme cela a eu lieu il y a quelques années en Argentine, par exemple.

Quelles que soient les forces de coercition, quel que soit l’appui que la partie réactionnaire de la population apporte au pouvoir, quel que soit le double jeu des partis et des syndicats, il serait pratiquement impossible de rétablir l’ordre dans les usines touchées par un mouvement autogestionnaire.

La grève autogestionnaire pose non plus les problèmes revendicatifs de salaires mais les problèmes de la direction et de la propriété de l’usine. A ce moment, le mouvement social n’est plus à la remorque des partis de gauche et de leurs programmes, mais il les met devant le fait accompli et leur impose une organisation économique nouvelle.

Il suffit de convaincre suffisamment de personnes pour que la grève générale de demain qui débutera comme de coutume, en dehors des syndicats et des partis, soit un prolongement à l’occupation des entreprises qui débouchera sur l’autogestion généralisée de la société.

L’autogestion n’a d’intérêt pour les travailleurs et travailleuses que dans la mesure où elle supprime les classes à l’intérieur de l’entreprise. L’égalité des salaires et la limitation de l’autorité à la tâche particulière que chacun a à accomplir sont de sérieux obstacles, mais la gestion directe des entreprises ne précède pas mais suit le renversement révolutionnaire de la société de classes. L’autogestion suppose que la propriété de l’entreprise n’est pas reversée à l’État ou à un groupe, mais qu’elle est temporairement en la possession de ceux qui y travaillent et qu’elle passe automatiquement dans les mains de ceux qui les remplacent.

Une fois le patronat neutralisé, il faut continuer la production (à moins que ce ne soit une production inutile, de gadgets, mortifère et meurtrière… et dans ce cas engageons un processus de reconversion) et repenser une économie dont le moteur n’est plus le profit, mais la satisfaction des besoins en tenant compte des impératifs écologiques. Pour coordonner la production et la distribution ou pour réguler les échanges, il suffira de s’appuyer sur le fédéralisme libertaire.

Aussi, la gestion de l’industrie par les travailleurs et travailleuses doit être totale et toucher en priorité les forces économiques essentielles. Elle est le fruit de la destruction complète des structures économiques du régime capitaliste et de son lien de coordination : l’État. C’est la révolution enfin réalisée.

Source : Revue Anarchiste Caennaise Apériodique

Brasero n°01 – http://ablogm.com/brasero



 
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Extrait d’un texte trouvé sur Internet et repris dans quelques publications subversives.

Pourquoi cette étrange défaite de la grève des raffineries ?
12 questions sans réponses…

Tous les amis qui ont visité dernièrement une raffinerie bloquée ont rencontré des salariés grévistes extraordinairement motivés, fermement décidés à ne surtout pas céder au moment où ce début novembre allait enfin voir se réaliser l’assèchement complet des approvisionnements d’essence du pays, et que, techniquement, les flux d’importations étrangers par la route ne pourraient jamais y suppléer.
Tous étaient conscients qu’ils faisaient la grève « par procuration » des trois Français sur quatre qui soutiennent le mouvement sans faiblir, et que le monde entier avait les yeux fixés sur la France, peut-être le seul grand pays pouvant encore contrarier l’offensive planétaire de la finance déchaînée contre les conquêtes sociales de l’après-guerre et de l’humanisme ouvrier.
Tous savaient que si seulement les trois millions de manifestants motivés versaient chaque mois dans les caisses de solidarité des raffineries une somme comprise entre 2 et 100 euros, mettons d’une moyenne de 20 euros, cela faisait immédiatement 60 millions, de quoi verser 1500 euros nets à 40 000 grévistes, et cela pendant le temps qu’il faudrait pour faire céder le gouvernement et que d’autres secteurs prennent le relais après les vacances scolaires.
D’autre part, même la presse patronale avait remarqué que cette grève des raffineurs n’était pas perdable, car « le secteur bénéficie ensuite d’un effet de levier extraordinaire parce que le lancement d’un mouvement de grève ne nécessite pas un grand nombre de salariés. Organisées en 3×8, les équipes chargées d’opérer les installations en salle de contrôle sont très réduites. Pour un site de 1.200 salariés comme la raffinerie Total de Gonfreville (Seine-Maritime), une équipe de quart représente moins d’une centaine de personnes. Si la majorité d’entre eux se met en grève, le site sera contraint de s’arrêter. » (Emmanuel Grasland, « Pourquoi les raffineries sont à la pointe de la contestation », Les Échos, 18 octobre 2010).

1 – Alors pourquoi ce revirement subit des douze raffineries en seulement quarante-huit heures ?
2 – De quels chantages ou intimidations ces valeureux grévistes ont-il fait l’objet ?
3 – Quel a été le rôle du ministre désigné par Sarkozy pour gérer la crise des raffineries à la place du titulaire Borloo, cet Hortefeux dédié aux basses oeuvres policières du régime ?
4 – De quelles informations, de quel tableau de bord secret, ce ministre vichyssois aura-t-il bénéficié, et dont aura été privée l’opinion publique ?
5 – Pourquoi les fédérations des industries chimiques CGT, CFDT et autres n’ont pas instauré un dispositif coordonné, transparent, lisible, facilité, pour dynamiser la collecte nationale des fonds de solidarité aux raffineurs, dispositif qui aurait pu servir pour d’autres grèves et résistances sociales ?
6 – Quels jours de grève seront finalement payés et comment vont-être distribués les fonds recueillis ?
7 – Pourquoi les intersyndicales n’ont pas expliqué les vrais motifs d’avoir incité soudainement à voter la reprise du travail, sans avoir au moins envisagé une suspension jusqu’à la rentrée scolaire et universitaire ?
8 – Pourquoi la plupart des sites internet de grève n’ont plus été réactualisés depuis 48 heures, et ne diffusent toujours pas de communiqués expliquant les motifs de la reprise de travail ?
9 – Pourquoi les sites internet de l’Union nationale des industries chimiques CGT et même de la confédération CGT ( www.cgt.fr  ) sont-ils inaccessibles ce dimanche matin 31 octobre et depuis samedi ?
10 – Pourquoi les 220 agents des terminaux pétroliers du port de Marseille ont déverrouillé vendredi leur grève qui bloquait 78 navires et quatre péniches, c’est-à-dire l’approvisionnement pétrolier de la plus grande partie de la France ?
11 – Pourquoi la CGT du port marseillais « n’a livré aucun détail sur le contenu des dernières négociations ? » et que « la direction du port n’a pas non plus voulu dire ce qui avait permis de sortir de l’impasse » ? (Luc Leroux, « La CGT met fin au blocus du port de Marseille », Le Monde, ce dimanche 31 octobre).
12 – Pourquoi cette étrange et soudaine défaite de la grève de la filière pétrolière, célébrée avec une joie gourmande par les médias officiels afin de faire douter le peuple de ses capacités ?

Ce sont donc ici douze questions sans réponse pour les douze raffineries de l’hexagone.
(…)

Source : Revue Anarchiste Caennaise Apériodique

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RETOUR SUR LES PIQUETS

Les piquets (à caen comme ailleurs) furent des carrefours. Lançés à l’initiative de certains secteurs combattifs de la CGT locale (ce qui suscita des tensions internes à cette organisation par ailleurs prédominante dans l’intersyndicale locale), ils drainèrent rapidement aussi des membres de SUD, de la FSU, des membres de l’AGIL, des radicaux/ales, des jeunes, des vieux, des femmes, des hommes, des réformistes énervéEs, des syndiquéEs de base, des non-syndiquéEs, des anti-syndicalistes (parfois syndiquéEs…), des représentantEs syndicaux de diverses boîtes et services publics, des pompiers, des routiers, des cheminotEs, des postiEres, des chômeurs/euses (parfois volontaires), des salariéEs d’EDF, de GDF, de l’automobile…

Au delà du blocage économique, relatif vu la détestable habitude de l’intersyndicale d’annoncer publiquement les cibles et horaires des blocages, les piquets constituèrent un lieu de brassage des gens, des idées, des expériences, un lieu de réappropriation du temps, de décloissonnement social, de libération de la parole avec des tas de discussions sur les syndicats, les luttes, la situation politique et sociale actuelle, la radicalisation, la violence, le travail, la situation dans tel ou tel boîte ou secteur d’activité, l’anticapitalisme, l’auto-organisation…

Les piquets caennais rassemblèrent peut-être régulièrement 200 personnes, par roulement lorsqu’ils duraient. En pleine nuit, ils furent parfois tenus seulement par 30 personnes et, avec le temps, les effectifs eurent tendance à s’effilocher quelque peu.

L’ambiance y fut en général assez bonne mais il y eu parfois des tensions parce que certainEs CGTistes cherchaient à les encadrer autoritairement et à y assurer leur prédominance en s’appuyant sur les moyens logistiques de leur orga et sur le nombre de CGTistes présentEs (souvent une bonne moitié des gens sur les piquets dont pas mal de déléguéEs disposant de dispenses syndicales permettant leur présence sur les piquets sans avoir à se mettre en grève et perdre du salaire). Parfois des tensions eurent aussi lieu quand une partie des représentantEs syndicaux essayaient de faire lever les piquets alors que la majorité des gens (y compris leur base et une partie de leurs déléguéEs) voulait les prolonger au delà des horaires annoncés par l’intersyndicale.

Assez rapidement, décidée sur le tas, la position qui prévalut et fut tacitement reconduite de piquet en piquet fut que c’était à celles et ceux qui tenaient les piquets de décider quand ils/elles les levaient… hormis quand c’était la police qui décidait de les lever en intervenant… et il n’y eut jamais dans ce cas le rapport de force suffisant pour tenter de les défendre…

Par ailleurs, assez vite, des militantEs de SUD et des radicaux/ales développèrent une logistique indépendante de la CGT que ce soit au niveau bouffe ou matériel (pneus et palettes pour alimenter les barricades enflammées). L’idée n’était pas de se réserver ces nouvelles ressources logistiques, elles furent partagées sur les piquets en fonction des besoins mais cette démarche sapa le monopole logistique initial de la CGT et donc aussi la prétention de certaines responsables CGTistes à décider au nom, et à la place, des gens qui tenaient les piquets.

D’ailleurs le temps passant, les rencontres et discussions se multipliant et se régularisant sur les piquets, certains préjugés s’évanouissant, des complicités se nouant, les responsables qui voulaient jouer les donneurs d’ordre en furent pour leur frais, d’autant plus que la grande majorité des syndiquéEs de base n’avaient tout simplement pas envie de jouer les petits chefs ou d’en subir.

Mon sentiment est que si la CGT est évidemment un appareil bureaucratique réformiste de coulage des luttes, il n’y avait pas à la base d’attitude monolithique. Des positions, pratiques, discours et attitudes ont évolué au sein de cette base combattive au fur et à mesure des piquets. Des contradictions ne pouvaient également manquer de surgir entre la volonté offensive constatée dans une bonne partie de la base et les atermoiements de la CGT et du reste de l’intersyndicale que ce soit localement, régionalement ou nationalement. C’est intéressant les contradictions, on peut essayer de les travailler d’un point de vue subversif… à condition de se trouver en situation de le faire là où elles s’expriment donc, entre autres, sur les piquets. Ceci étant dit, les militantEs CGT cultivent un.assez fort esprit de corps, valorisent la discipline d’orga et si leurs discours et pratiques peuvent être contestataires leur relation à l’organisation reste assez « légitimiste »… même s’ils la critiquent vertement par ailleurs…

Quoi qu’il en soit les piquets devinrent vite des symboles de la lutte et donc un enjeu. Au vu des précédents mouvements de masse ils marquaient un pas en avant notable dans la radicalisation des formes d’actions et de pensée. Ils suscitaient de l’intérêt et avaient besoin de solidarité et c’est pour toutes ces raisons que nous les avons rejoints.

Des tas de gens, syndiqués ou non, s’attelèrent dans les piquets à saper les tentatives de contrôle, à déborder les plans de l’intersyndicale locale en faisant durer les piquets plus longtemps que prévu, en durcissant certaines de leurs pratiques (sabotages de camion-citernes grâce aux conseils avisés de camionneurs CGTistes et, parfois, avec la bénédiction complice des chauffeurs, 2 expériences aussi de piquets volants s’apparentant assez à des « commandos de chasse » traquant les camions citernes isolés aux alentours du dépôt de carburant et leur tendant des embuscades) pour finir par essayer de commencer les piquets avant l’heure prévue par l’intersyndicale…

Le blocage, le 3 novembre, d’une des zones industrielles de Mondeville commença ainsi 2 heures plus tôt que prévu et réunit à cette occasion dés le début plus de gens qu’il n’en arriva à l’heure annoncée par l’intersyndicale.

Ces « débordements », à l’heure où le mouvement refluait nationalement, ne fut plus toléré par le pouvoir. L’intervention policière fut rapide et empêcha de peu la jonction avec les personnes qui arrivaient sur place à l’appel de l’intersyndicale. La tentative de blocage de l’entrée principale du centre commercial régional Mondeville 2, qui s’organisa dans la foulée, donna lieu à une rafle policière massive des manifestantEs. La répression se fit plus menaçante et mordante lorsque les plus radicaliséEs se retrouvèrent sans le « parapluie » de la CGT… ce à quoi beaucoup s’attendaient… mais pas si vite…

Reste donc des piquets, pour l’instant, une expérience humainement et politiquement enrichissante. Quant à savoir ce qu’il en restera concrètement en terme de pratiques de lutte et de radicalisation, il faudra attendre le prochain grand conflit social pour le savoir.

Source : Revue Anarchiste Caennaise Apériodique

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CHRONOLOGIE DE LA LUTTE A CAEN

Mardi 7 septembre :
Manif nationale 10H30. 35000 personnes. Un cortège radical donne le ton (« grève générale ! »). L’Assemblée Libertaire propose une cantine végétalienne ensuite, à côté d’un concert slam du Milieu. Une AG intercatégorielle se tient l’après-midi rassemblant une petite centaine de personnes. Trois axes revendicatifs sont retenus : retrait total de la réforme des retraites; refus de toutes les politiques anti-sociales; aucune négociation possible
Jeudi 23 :
Manif nationale 10H30. 35000 personnes. Collage et bombage au sol égayent le cortège. L’AG Intercatégorielle de Lutte (AGIL) se réunit ensuite.
Samedi 2 octobre :
Le matin, trois banques sont successivement occupées une 20aine de minutes en centre-ville à l’appel de l’AGIL. Manif nationale l’après-midi. 25000 personnes, toujours avec du collage et du bombage au sol (quasi-systématiques désormais).
Mardi 5 :
Première AG étudiante en partie liée à l’AGIL et à l’Inter-lycées. Par ailleurs, à côté des habituelles commissions (souvent communes à ces 3 Ags), une équipe juridique et une autre médicale se mettent en place. Une commission caisse de grève va suivre rapidement.
Jeudi 7 :
Début de l’agitation dans les lycées bas-normands. Plusieurs lycées sont bloqués. Les manifestations sont quotidiennes jusqu’aux vacances de la Toussaint (23 octobre).
Mardi 12 :
Dès 7H barrage filtrant des principaux ronds-points de la ville à l’appel de l’Intersyndicale. Manif nationale à 10H30. 45 à 55000 personnes (record battu). Les lycéen-nes font le forcing pour se mettre en tête de cortège. Lors du parcours, les 4 ponts de l’Orne sont brièvement occupés à l’appel de l’AGIL (un petit fly appelant à l’action a été distribué dans toute la manif préalablement – quasi-systématique par la suite). La manif se termine par un pique-nique à la fac. De là, lycéen-nes, étudiant-es, AGIL, Solidaires, FSU et autres manifestant-es empruntent le périph pour rejoindre le rassemblement au Medef de 15H et appelé par l’Intersyndicale. A peine ce cortège arrivé, le rassemblement prend une toute autre allure en particulier à l’initiative de syndicalistes salariés déjà présents : divers projectiles répondent aux lacrymogènes. Les 600 manifestants font front, de deux côtés. Des poubelles sont cramées, des grosses voitures dégradées et une banque voit ses vitrines exploser. Plus d’une heure d’affrontements. Un étudiant est gravement blessé à la tête par un tir tendu de lacrymogène (pronostic vital engagé). Une interpellation.
Jeudi 14 :
Blocage du bâtiment Lettres. Le lundi 18, il est étendu au campus 1 mais pour seulement deux jours, sur une proposition sournoise de l’UNEF.
Vendredi 15 :
7H du matin, début du blocage des dépôts de carburant à l’appel de l’Intersyndicale. Ceux de Caen et Ouistreham sont bloqués. Syndiqué-es, non syndiqué-es, salarié-es de tout secteur, étudiant-es, chômeur-euses et lycéen-nes se retrouvent là-bas. La lutte prend une nouvelle tournure. Blocage économique, feux de joie, dépavage de rues. A 16H30, les flics délogent les grévistes, non sans les avoirs encerclés préalablement.
Samedi 16 :
Manif nationale 14H30. 35000 personnes. A l’issue de la manif, 500 manifestant-es bloquent le centre commercial Paul Doumer en centre-ville pendant une heure, provoquant sa fermeture anticipée.
Lundi 18 :
4H du matin, le blocage des dépôts de carburant (Caen et Ouistreham) reprend.
Mardi 19:
Les dépôts sont toujours bloqués. Manif nationale 10H30. 40000 personnes. Une dérivation est organisée pour aller saluer les bloqueurs des dépôts.
14H, manif à l’appel de l’AG étudiante et de l’AGIL qui regroupe un millier de personnes. Le périph est envahi, la manif traverse le pont de Calix avant de rejoindre rapidement les dépôts de carburant. A 17H, les flics interviennent aux dépôts. Les manifestant-es bloquent alors plus loin, toute la presqu’île sur laquelle se trouve les dépôts (au Cargö et à Colombelles). Plusieurs camions-citernes sont sabotés (valves cassées ou pneus crevés), avant que les flics évacuent les grévistes. Deux interpellations.
Parution du 1er numéro d’Info-Luttes, feuille d’info de l’AGIL.
Jeudi 21 :
Blocage de la Banque de France à l’appel de l’Intersyndicale. Les gens sur place décident de retourner bloquer les dépôts. Les flics interviennent vers 12H. Un point de blocage dégagé, un autre un peu plus loin se met en place. Plusieurs camions-citernes sont sabotés. Ce jeu continue juqu’à 13H30.
14H, 400 personnes partent de la fac et bloquent la gare 30min. en solidarité avec les cheminots qui sont partis désormais sur une grève tournante. Le cortège remonte ensuite à la fac où des barricades sont posées. Les flics arrivent, mais repartent finalement. Une caméra de video-surveillance est détruite. Deux RG et le chef de la Brigade Anti-Criminalité sont chargés par quelques dizaines de manifestant-es. La police se positionne et va recevoir quelques jets de projectiles. Deux interpellations.
Vendredi 22 :
Dès 6H, blocage de la plateforme Hyper U, qui se révèlera purement symbolique et négocié. L’intersyndicale (dirigeants CGT en tête) lève le piquet à 15H, suivie d’une foule de camions de marchandises. Colère de certains grévistes et mise à distance avec l’Intersyndicale pour de nombreux autres.
Lundi 25 :
Nouveau blocage du campus 1. Projections, débats, concerts y auront lieu.
Mardi 26 :
14H, 200 personnes partent de la fac et bloquent le périph. Après quelques kilomètres dessus, ils stoppent pendant ¾ d’heure. Puis la manif traverse le quartier populaire de la Pierre Heuzé, avant de rejoindre le rassemblement de l’Intersyndicale Place du Théâtre à 17H. 1000 personnes font alors un petit tour en ville après quelques discours. Une interpellation.
Dès 22H, blocage de la zone industrielle de Carpiquet.
Mercredi 27 :
Le blocage de Carpiquet continue et se prolonge même au-delà de ce qu’avait prévu l’Intersyndicale. A 16H30, intervention des flics. En repartant, deux voitures se font arrêter : 7 interpellations.
Jeudi 28 :
Manif nationale. 20000 personnes. AG intercatégorielle le midi, puis départ pour le commissariat en solidarité aux deux inculpés de la veille toujours en garde à vue. Les flics bloquent les voies d’accès. Les manifestant-es passent par derrière le commissariat pour se faire entendre des compagnons, puis bloquent le Leclerc voisin pendant plus de 2H. Le blocage est levé quand les deux interpellés sont relâchés à 17H.
Vendredi 29 :
4H, tentative de blocage des dépôts de carburant appelée par l’Intersyndicale. Les flics sont bien sûr déjà sur place. Les manifestant-es se retranchent sur le pont Stirn et le bloquent, non sans avoir saboté trois camions-citernes. Un autre camion est saboté à Colombelles. A 12H, les flics délogent le pont. Les camions sabotés ralentissent la circulation jusqu’à 16H.
Lundi 1 novembre :
60 personnes font une opération péage gratuit à Dozulé. En faisant appel à la solidarité pour les grévistes, 1700E sont récoltés en une heure.
Mardi 2 :
Déblocage de la fac.
Mercredi 3 :
L’Intersyndicale appelait à un blocage du centre routier de Mondeville/Cormelles à 6H. 70 personnes s’étaient donnés rendez-vous dès 4H pour rendre ce blocage effectif. A 5H45, les flics interviennent, avant qu’une vingtaine de salarié-es n’aient pu rejoindre le piquet. Devant la Maison des Syndicats, les personnes décident d’aller bloquer les accès au centre commercial Mondeville 2. Seules 50 personnes s’y retrouvent. Un rond-point est bloqué. Au bout d’un quart d’heure, gardes mobiles, section d’intervention et BAC pointent leur nez. Repli des manifestant-es qui se font coincer l’accès à leurs voitures. Puis charge à pieds et en véhicules des flics des manifestants qui courent sur la 4 voies pour leur échapper. Au bout de 800m, presque tout le monde est arrêté pour un contrôle d’identité, insultes et menaces à la clé.
Jeudi 4 :
150 personnes se rassemblent au Théâtre à l’appel de l’Intersyndicale. Tentative d’occupation d’Ouest-France ensuite par une quarantaine de personnes. Discussion plus ou moins houleuses avec la direction sur les « erreurs » répétitives et la ligne anti-mouvement.
Vendredi 5 :
L’AGIL et l’AG étudiante appelaient à rejoindre le rassemblement anti-nucléaire à la gare à 14H, en protestation avec le convoi de déchets nucléaires Castor. A l’approche du train (15H30), bousculade avec les flics dans la gare. Puis annonce que 5 personnes sont accrochées aux voies près de Louvigny (Parc expo). Les manifestant-es rejoignent le lieu par les voies de chemin de fer, et y déposent des parpaings. Les flics repoussent les manifestant-es à plusieurs reprises. Le train aura plus de 3H de retard. Trois enchaînés sont blessés lors de leur extraction, dont l’un avec deux tendons sectionnés et un autre avec brûlure qui nécessitera une greffe de peau. 7 interpellations.
Samedi 6 :
14H30, manif nationale. 15000 personnes, avec bombage de banques et assurances, cortège féministe et pro-IVG pour égayer ce cortège. A l’issue de la manif, l’AGIL appelle à une action de blocage économique. Quelques flics sont déjà là, la détermination n’est pas à son comble. Finalement, 100 personnes se dirigent vers le commissariat en solidarité avec les inculpés de la veille.
Lundi 8 :
L’AG étudiante vote le blocage du campus 1. La direction pousse les étudiant-es et enseignant-es à continuer les cours, une quinzaine d’énervés essaient d’empêcher le blocage, dont quelques militants d’extrême-droite. Menace d’intervention des flics.
Mardi 9 :
6H, les flics évacuent les bâtiments bloqués, mais les trouvent vides. Fouilles, contrôles d’identité, injures vont continuer pendant plusieurs heures sur la fac et même dans le bâtiment Lettres. 14H, 80 personnes se rassemblent devant la Présidence pour dénoncer sa politique répressive, avant d’occuper Aula Magna et la salle du conseil de l’Université. Tout cela sous l’œil de nombreux policiers. A 16H30, les manifestant-es vont faire de l’information en ville. Nouvelle AGIL le soir et bouffe qui s’en suit. Des contacts sont pris avec des boîtes en lutte (fermetures, délocalisations).
Jeudi 11 :
14H, 50 personnes bloquent les accès du centre commercial Paul Doumer (fermé avant l’arrivée des manifestants, sans doute prévenu par les policiers très présents au départ de la manif). Blocage économique d’1H30.
Lundi 15 :
A l’appel de l’AGIL et de l’AG étudiante, une quarantaine de personnes se rassemblent en centre-ville avant de partir au pas de course bloquer Monoprix. La BAC est déjà présente, des flics en tenue anti-émeutes ne tardent pas à pointer le bout de leur nez. Les manifestant-es repartent groupés vers un autre objectif : le Mc Donald est bloqué pendant une demi-heure, jusqu’à ce que les flics se repointent.
Jeudi 18 :
L’Intersyndicale appelle à un rassemblement devant les locaux de Médéric-Malakoff. 80 personnes, et beaucoup plus de flics : compagnie de CRS, véhicules avec grille anti-émeutes, flics locaux. Deux personnes sont fouillées, des marqueurs sont saisis, et menace d’audition en cas de dégradations dans les 24H pour les deux individus.
Mardi 23 :
Manif nationale. 2500 personnes.

Source : Revue Anarchiste Caennaise Apériodique

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L’ASSEMBLÉE LIBERTAIRE : UNE PRÉSENTATION

L’Assemblée Libertaire de Caen réunit depuis plus d’une année des militantEs et sympathisantEs anars participant (ou non) par ailleurs à différents collectifs et/ou diverses organisations. Elle sert de point de rencontre, de lieu de débat, d’outil d’intervention lors de manifs ou de mobilisations diffusant à l’occasion des tracts, organisant des cortèges radicaux…

Elle a également mis en place en 2010 une campagne de solidarité ponctuelle avec des anars péruvienNEs de Lima et d’Arequipa, récoltant pour eux/elles du fric et des livres et brochures en espagnol.

Elle sert aussi à impulser, initier divers projets locaux concrets qui lui paraissent utiles. Ces projets se développent ensuite de manière autonome, l’Assemblée Libertaire se contentant, ponctuellement, de les appuyer logistiquement et financièrement, de relayer les infos ou d’aider à articuler des initiatives. L’Assemblée Libertaire a ainsi contribué à impulser une équipe de premiers soins pour les manifs, une revue anar locale (« le Brasero »), un collectif de traduction et de scannerisation, une cantine libertaire.

Des collectifs qui existaient avant la création de l’Assemblée libertaire travaillent désormais en liaison avec elle comme l’infokiosque et la bibliothèque La Pensée sauvage.

Voici le texte de présentation de cette assemblée :

Depuis fin 2009, sur Caen, plusieurs individu-e-s se reconnaissant comme libertaires ont décidés de se réunir tous les mois. Nous avons discuté-e-s, échangé-e-s, et mis en place des perspectives aussi bien à court qu’à long terme.

Nous nous sommes réuni-e-s pour lutter contre ce qui nous détruit : le capitalisme, le sexisme, l’autoritarisme, les dégradations de l’environnement, le militarisme, le racisme, le scientisme l’âgisme, l’électoralisme, le citoyennisme, les religions et toute forme d’oppression économique, politique et sociale.

L’objectif étant la participation à la construction d’une autre société reposant sur des bases égalitaires et solidaires tout en reprenant dès aujourd’hui davantage possession de nos vies.

Nous nous sommes réuni-e-s pour résister au quotidien dans des collectifs. Nous luttons contre les expulsions, nous nous réapproprions l’espace public, organisons des cantines populaires, des jardins communs, des bibliothèques, divers ateliers.

Nous ouvrons des squats et des lieux de vie, diffusons une culture libre et non marchande, mettons en place des moyens d’informations autonomes. Nous mutualisons savoirs et outils. Nous organisons des discussions et des débats, etc.

Nous nous sommes réuni-e-s pour attaquer le monde tel qu’il est, dans des luttes sociales, dans nos quartiers et nos villages, sur nos lieux de travail, d’études, de chômage et dans nos vies quotidiennes. Nous souhaitons apporter notre soutien aux combats avec lesquels nous pouvons avoir des affinités, mais aussi nous construire comme une force à part entière en mettant en place des actions et en diffusant informations, idées, pratiques et brochures.

Nous avons choisi une assemblée pour échanger et s’organiser de manière horizontale et en tendant vers le consensus. Cette assemblée regroupe des individus autonomes ou adhérents à des organisations. Cela n’empêche pas de s’y organiser par affinités et d’y faire vivre différents collectifs et groupes anarchistes et syndicaux déjà constitués. Néanmoins cette assemblée demeure indépendante des autres structures existantes. Elle refuse les individus-e-s aux comportements autoritaires et sexistes.

Tous ceux et toutes celles qui se reconnaissent dans son fonctionnement, ses aspirations et ses pratiques sont les bienvenu-e-s. Il n’y a pas d’adhésion formelle et la participation est libre.

Pour tout contact : assembleelibertaire@ablogm.com

Source : Revue Anarchiste Caennaise Apériodique

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Lettre ouverte du GANVA sur les violences policières

Lettre ouverte d’un militant du Groupe d’Action Non-Violentes Antinucléaires (GANVA) blessé par les forces de l’ordre lors de l’action de blocage du train de déchets radioactifs La Hague-Gorleben, le 5 novembre 2010 à Caen.

À l’heure où les violences policières exercées contre les manifestants se multiplient il est intéressant de revenir sur le cas des militants du GANVA blessés par les CRS lors de l’action de blocage du dernier convoi de déchets nucléaires à destination de l’Allemagne.

Nous avions stoppé le train en nous entravant sur la voie à l’aide de tubes en acier dans lesquels nous nous étions menottés. Procédé classique et non-violent utilisé depuis bien longtemps par les militants antinucléaires.

Lors de notre désincarcération, 5 militants ont été blessés dont 3 grièvement aux mains, ce qui est une première. Parmi ces trois personnes, deux ont subi des brûlures au 3e degré entrainant des ruptures de tendons, le dernier ayant eu deux tendons directement sectionnés par la lame de la disqueuse thermique utilisée par les CRS.

Nous avons déposé plainte pour «violences aggravées par personne dépositaire de l’autorité publique» auprès de la procureure de Caen. Qui a rapidement classé cette plainte sans suite…

La procureure se fourvoie en justifications plus aberrantes les unes que les autres : elle met notamment en avant le «refroidissement permanent des tubes»… Les tubes métalliques, chauffés à blanc par le contact de la disqueuse, ont en effet été refroidis à l’aide… de bouteilles d’eau minérale ! Elle parlera également de la haute technologie des tubes, de la grande dévotion des CRS…

On ne reviendra pas ici sur la haine et le mépris des forces de l’ordre : insultes, menaces, crachat au visage. Cette dimension essentielle du maintien de l’ordre n’a même pas été évoquée dans le classement sans suite. De même en ce qui concerne les coups de disqueuse sur la main de l’un des nôtres…

Conclusion de la procureure : «L’action de police […] avait eu pour but de préserver la vie et l’intégrité physique des manifestants.»

Le tribunal qui nous a jugé pour nos actes avait lui aussi fait preuve d’une grande perspicacité en qualifiant nos brûlures, ayant pénétré la chair jusqu’à ce que les tendons rompent, de «brûlures superficielles».

Trois mois plus tard, après plusieurs opérations, greffes de peau et rééducation intensive, deux des blessés sont toujours dans l’incapacité d’exercer leur activité professionnelle.

Nous déposons une nouvelle plainte ce jour, avec constitution de partie civile, auprès du doyen des juges d’instruction de Caen.

Le nucléaire est une industrie guerrière, dangereuse, polluante, nocive pour l’homme et son environnement. Elle produit des déchets hautement toxiques pour des centaines de milliers d’années, mettant en péril non seulement notre avenir mais aussi celui des générations futures.

Voilà pourquoi, malgré tous ses efforts, l’État nucléaire toujours plus sécuritaire et violent, ne nous fera pas taire tant que notre leitmotiv ne sera pas réalité :

«Nucléaire : Plus jamais !»

GANVA, 17 février 2011.

Source : Revue Anarchiste Caennaise Apériodique

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CONTRE LE TRAIN TRAIN NUCLÉAIRE

Le 05 novembre dernier, le GANVA, groupe non violent antinucléaire bloquait durant plus de 3 h 30 à Caen un train transportant des déchets radioactifs vers l’Allemagne. Désincarcérés violemment et blessés par des policiers plus soucieux des retards de trains et des intérêts d’AREVA que de l’intégrité physique des antinucléaires, il-elle-s sont immédiatement interpellé-e-s. Aujourd’hui, 8 décembre, 7 d’entre eux-elles sont traduits en justice au tribunal de Caen où il-elle-s encourent de lourdes sanctions.

Des trains de déchets radioactifs, il en passe des dizaines par an en gare de Caen. Et pour cause la Basse-Normandie est une des régions les plus nucléarisée au monde : de la production d’électricité nucléaire, au retraitement des déchets nucléaires français et étrangers en passant par la recherche (GANIL), la formation d’ingénieurs (ENSI), la construction de sous marins atomiques ou l’immersion de déchets nucléaires britanniques dans la mer de la Manche dans les années 50. Nucléopolis* est la dernière trouvaille des promoteurs du délire nucléaire en Basse-Normandie. Le nouveau pôle universitaire de recherche et de promotion du nucléaire vient de se voir octroyer une subvention de 35000€ de la part du Conseil régional de Basse-Normandie. Bon camarade, Europe Ecologie qui se présente pourtant comme antinucléaire s’est abstenue sur cette question en commission permanente à l’exception d’une de ses membres sur ce vote, tandis qu’à Caen-la-mer, l’agglomération, leurs élu-e-s votaient contre.

Plus tôt, en 2004, les élus verts au Conseil régional avaient permis par leur abstention à une motion soutenant le projet de réacteur EPR à Flamanville de passer. La même année en PACA, c’est un deal qui unit la nouvelle majorité rose-verte : ce sera un euro pour le projet expérimental de fusion nucléaire ITER contre un euro au renouvelable.

Dernièrement, en 2009, à la veille du sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique, les nouveaux eurodéputés Europe écologie, Yannick Jadot tout nouvellement débarqué de la direction de Greenpeace France en tête, vote une motion du parlement européen qui fait du nucléaire l’un des éléments du combat contre le réchauffement climatique*.

Si les élus écologistes demeurent sans doute antinucléaires, depuis longtemps ils font du nucléaire un élément secondaire sur lequel ils peuvent faire des concessions.

Il faut dire qu’en quelques décennies les signes des dégâts écologiques sont devenus de plus en plus criants. De Bhopal à Tchernobyl en passant par la fonte des glaces, tout est devenu de plus en plus évident. Pour autant loin de remettre en cause ce qui était à la source de ses dégâts, les raffinements du capitalisme, l’écologie a été détournée de son sens initial et le capitalisme a réussi à intégrer sa contestation. Dans le même temps que les désastres écologiques et sociaux s’amoncelaient, les écologistes se sont de plus en plus associés à leur gestion. Et les industriels, loin d’être convertis mais sentant le filon, se sont donnés une image verte. Ainsi le nucléaire s’est-il sous l’effet d’un monstrueux mais opportun lifting transformé en énergie propre et non productrice de CO2. Que ce soit faux, peu importe, le négationnisme écologique a ses entrées médiatiques…

Que le moins mauvais des mondes où l’on nous enferme ne nous permette de choisir qu’entre charbon, nucléaire ou éoliennes industrielles montre bien dans quel impasse nous sommes, et à quoi cette écologie nous intime de renoncer : à changer ce monde. Et ce à quoi elle nous condamne : à vivre sans cesse en choisissant entre le moindre mal et le pire, entre Charybde et Scylla.

L’idée même de développement durable si chère à une bonne part du mouvement écologiste n’ a eu de cesse que de nous faire gober que le capitalisme méritait d’êtresauvé. Pourtant la société dans laquelle le nucléaire s’est développé, c’est une société engagée dans la fuite en avant technologique consistant à produire et consommer toujours plus. Et pour ce faire, piller, exploiter, détruire, irradier, maintenir des dictatures et des armes de destruction massive ou stratégiques, contrôler et fliquer. Le nucléaire est au coeur même de ce délire boulimique.

Le 05 novembre, l’Etat a frappé fort contre le GANVA* : 7 arrestations et 3 blessés Mais depuis son origine la contestation antinucléaire a toujours eu à souffrir d’une forte répression, et ce quelques soient les gouvernements en place.

A Plogoff les gendarmes mobiles utilisaient des grenades offensives contre les manifestant-e-s. Il y aura des mutilés et un mort, Vital Michalon, lors du rassemblement de Malville en 77. A Chooz ce sont des engins de guerre qui attaquent les barrages.

A Cherbourg, les voltigeurs (flics montés sur des motos dont l’un tient une matraque pour frapper à la volée) dispersent les opposant-e-s à la fin des années 70. Partout, il-elle-s sont menacé-e-s et poursuivi-e-s. En 85, le gouvernement Mitterrand plastique le Raimbow Warrior en campagne contre les essais atomiques français. En novembre 2004, Sébastien Briat meurt happé par un train de déchets radioactifs qu’il avait voulu stopper avec plusieurs de ces compagnon-ne-s.

Le programme nucléaire nous a toujours été imposé par la force et dans le plus grand secret.

Partout en Europe, les Etats de toutes tendances réduisent un peu plus leurs oppositions au silence en criminalisant les actions radicales. Le dernier mouvement sur les retraites en France a donné lieu à plusieurs milliers d’arrestations et de nombreuses

violences policières, comme à Caen où un étudiant a reçu une grenade lacrymogène en tir tendu dans la tête.

Ici comme ailleurs, l’Etat continue de montrer son véritable visage, autoritaire, sécuritaire, au service de la continuation des intérêts capitalistes et nucléocratiques. Malgré une forte mobilisation policière en Allemagne, l’opposition au transport de novembre de déchets vers Gorleben a été importante à la veille de la décision de la CDU de prolonger la durée de vie des centrales nucléaires. Des manifestations massives de plusieurs dizaine de milliers de personnes ont eu lieu. Sur le parcours, les convois ont été bloqués par des manifestant-e-s assis sur les voies. D’autres ont tenté de retirer le ballast des voies ou se sont suspendus au dessus des rails. D’autres

encore ont cherché à incendier un véhicule blindé.

En Allemagne, ce sont donc plusieurs dizaines de milliers de personnes qui ont essayé d’empêcher le train d’arriver à destination en combinant différents types d’actions selon les sensibilités de chacun-e.

Plus modestement, c’est ce qui a été tenté à Caen avec un rassemblement en gare, une tentative d’occupation des voies, avec friction avec les forces de l’ordre, et l’enchainement de plusieurs personnes en amont. Cette dernière action a entrainé un retard de plus de 3 heures au train de déchets. Des actions autour des tracés de lignes THT liées à l’implantation du réacteur nucléaire EPR à Flamanville continuent d’avoir lieu*.

Ce genre de mobilisations est à multiplier et amplifier tout en réfléchissant à élaborer des stratégies qui nous soient le moins préjudiciables possibles.

Quelques antinucléaires engagé-e-s dans la bataille du rail.

 

*Nucléopolis est né le vendredi 19 septembre dernier. Ce pôle normand de science nucléaire unit les différents acteurs du nucléaire en Normandie. L’idée c’est de faire de la Basse-Normandie un pôle de compétitivité dans le domaine. S’y sont associé 45 membres.Des entreprises du nucléaire comme AREVA ou EDF, des PME, des laboratoires de recherche comme le GANIL ou Cyceron, l’école d’ingénieurs en nucléaire de l’Ensi-Caen, des collectivités locales. Le but : « Vendre la filière nucléaire normande à l’extérieur. Nous avons le savoir-faire. Il faut le faire savoir. »

*Sur ces votes on peut lire Nucléaire : fusion et déraison, article parut dans le n°2 de la revue Z ; Ni rose, ni vert l’EPR en basse Normandie ? Article disponible sur le site du CRAN http://www.anartoka.com/cran/ ; et on peut avoir accès au vote du parlement européen sur : http://bit.ly/5PpHjX et à l’explication risible de vote d’Europe Ecologie sur http://europeecologie.eu

* Le GANVA vient de sortir un court texte qui présente plus en détail ce qu’il-elle-s combattent leurs activités, leurs objectifs et leur mode de fonctionnement : Qui sommes nous, que défendons nous , disponible sur le site du CRAN : http://www.anartoka.com/cran/ De nombreuses infos sont également à disposition sur leur site : http://ganva.blogspot.com/

*Le 25 septembre dernier une action de déboulonnage symbolique et public de ligne THT a eu lieu à Isygny le Buat dans la Manche. Sous l’oeil de nombreux gendarmes, d’un hélico et d’un agent RTE (réseau de transport d’électricité) 6 boulons d’un pylone THT ont été dévissés en présence d’une centaine de manifestant-e-s et riverain-e-s puis déposés au pied du pylone. Cette action de déosbéïssance visait à montrer que le combat anti-THT n’était pas mort, mais également que le réseau de transport d’électricité est vulnérable. A nous de nous saisir de leur vunérabilité.

Infos disponibles sur le site du CRAN – Collectif Radicalement AntiNucléaire : http://www.anartoka.com/cran/portal.php

Source : Revue Anarchiste Caennaise Apériodique

Brasero n°01 – http://ablogm.com/brasero


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