
FUKUSHIMA SOUS L’ÉPAISSEUR DU SILENCE
Depuis quelques semaines ce qui se continue de se passer à Fukushima est recouvert d’un silence assourdissant. A le fureur du bruit des premiers jours, s’est substitué une campagne de banalisation. Ce qui semble se passer est ce que de nombreux nucléocrates dans un premier temps affolés,ont rapidement appelé de leur vœux : faire croire qu’un désastre de l’ampleur de Fukushima pouvait être maitrisé, et surtout que tout à chacun devrait maintenant vivre au milieu des ruines. Nous en sommes là !
Pourtant, à Fukushima, la situation est toujours aussi critique, Les réacteurs toujours en fusion continuent de cracher leurs radionucléides. Du césium 137, dont durée de vie et nocivité sont très importantes, est retrouvé un peu partout. Les radio-éléments qui ont été balancé à la mer tracent insidieusement leur chemin…
Au 23 mai dernier :
«Sur le site de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.
Rappel des faits : les trois cœurs des trois réacteurs ont fondus, les enceintes de confinement sont percées, 3 piscines de combustibles usagés, stockées (avant l’accident) au dessus de chaque réacteur, ont été détruites totalement ou partiellement, rendant tout ou partie des barres de combustibles usagées exposée à l’air libre. Irradiation maximale garantie.
Des milliers de tonnes d’eau, versée en permanence depuis presque deux mois sur les 3 réacteurs et la piscine du réacteur 4, s’écoulent et fuient dans l’océan après s’être grandement enrichie en radioactivité. Contamination des océans garantie.
Dorénavant, il faut prendre en compte que les 3 réacteurs sont vraisemblablement passés à l’état de corium, c’est à dire qu’ils ont fondus, et sont en train de fusionner avec leur récipient, avant de peut être perforer la dalle de béton sur laquelle ils reposent. ( source : http://sciencepourvousetmoi.blogs.sciencesetavenir.fr/archive/2011/05/12/fukushima-suite-36-accident-maximal-dans-le-reacteur-n-1.html )
Samedi 14 mai, un ouvrier est décédé suite à un malaise sur le site de la centrale. Il avait une soixantaine d’années n’avait reçu qu’une dose de 0,17 millisieverts. Il était a priori en bonne santé. ( source : http://www.acro.eu.org/chronoFukushima.html#doseW )
Pire que l’accident, la volonté du gouvernement
Le gouvernement japonnais rehausse la limite de contamination radioactive à 20 msV/ an pour les enfants ; en France, cette valeur c’est la dose annuelle maximale pour les adultes qui travaillent dans le nucléaire. Cette valeur c’est aussi 2000 fois la limite pour les adultes, selon l’OMS, d’une exposition à la radioactivité sans effet sur la santé. En réaction, les parents des enfants de la préfecture de Fukushima ont créés un réseau de protection des enfants qui s’oppose aux nouveaux taux fixés par le gouvernement et la prefecture. ( source : http://fukushima.greenaction-japan.org/2011/05/05/fukushima-parents-create-network-for-protecting-children-from-radiation/ )
Autour de la centrale, dans les zones contaminées
La contamination des sols en Césium radioactif est très forte sur un rayon d’au moins 80 km autour de la centrale de Fukushima ( Voir la diapo 6 : http://energy.gov/news/documents/050611__Joint_DOE_GoJ_AMS_Data_v3.pptx ).
En Biélorussie, après l’accident de Tchernobyl, ce niveau de contamination ouvrait le droit à la migration et/ou au relogement de la population ( Source : http://www.acro.eu.org/chronoFukushima.html#aliments ).
Les légumes produits dans les préfectures voisines de la centrale, Ibaraki et Tochigi, sont toujours fortement contaminés. Et à la vente sur les marchés. ( source : http://www.acro.eu.org/chronoFukushima.html#aliments )
Les préfectures de Fukushima (2,5 millions d’hab, 13 782 km2), d’Ibaraki (3 millions d’hab, 6095km2) et de Tochigi (2 millions d’hab, 6 408 km2) représentent 7% du territoire japonais et 7,5 milllions de personnes, soit 6% de la population du Japon.
Voisine de la préfecture de Tokyo, la préfecture de Kanagawa a encore enregistré la présence de césium sur les aliments, cette fois -ci c’est le thé cultivé qui est contaminé (780 bq à Odawara – limite autorisée 500 Bq/kg) ( Source : http://www3.nhk.or.jp/daily/english/13_39.html ). Et vraisemblablement à la vente sur les marchés.
Avec la préfecture de Kanagawa, c’est 7,5 % du territoire japonais qui a été contaminé et 14% de la population.
Sur la pression des parents d’élèves, les sols des cour d’écoles de la préfecture de Fukushima sont retournés pour enterrer la couche superficielle de terre, et tenter de faire baisser les taux de contamination. ( Source : http://www.acro.eu.org/chronoFukushima.html#sols )
Électricité au Japon ?
Le mercredi 11 mai, deux mois exactement après le séisme qui a enclenché la catastrophe, 32 réacteurs nucléaires sur 54, soit 60%, ne sont pas branchés sur le réseau électrique : 14 ont été arrêtés le 11 mars et 18 sont en arrêt de maintenance programmée. 6 autres réacteurs ont aussi un arrêt programmé d’ici l’été et la centrale de Hamaoka devrait s’arrêter avant ce week-end. La pénurie d’électricité dans la deuxième puissance mondiale est donc durable. ( source : http://www.acro.eu.org/chronoFukushima.html#penuries )
Source : Rebellyon.
http://rebellyon.info/Japon-l-accident-nucleaire.html»
Fin mai la situation se détériore encore :
«Fukushima : deux ouvriers fortement contaminé
Avec le passage du typhon au Japon le niveau d’eau a sensiblement augmenté dans les sous-sols des réacteurs n°1, 2 et 3 de la centrale de Fukushima.
Ainsi, dans le réacteur n°1, alors que le niveau était monté de 1,1 centimètre entre le 28 et le 29 mai, avec le passage du typhon le niveau a augmenté de 19,8 centimètres en 24 heures et n’est plus qu’à 50 centimètres du niveau du sol, menaçant donc de déborder.
Dans le bâtiment du réacteur n°2 le niveau est monté de 6,2 centimètres dans une galerie souterraine et de 6,1 centimètres dans le bâtiment turbine, contre une augmentation de 3 centimètres par jour « habituellement ».
Dans le bâtiment du réacteur n°3 , le niveau a monté de 4,4 centimètres dans une galerie souterraine et de 4,2 centimètres dans le bâtiment turbine, contre 3 centimètres par jours précédemment. Le typhon a également obligé l’arrêt des travaux. Par ailleurs, une forte contamination (en iode 131) de la glande thyroïdienne a été détectée hier chez deux ouvriers ayant travaillé sur le site de Fukushima. Les taux de contamination s’élève à 9 760 becquerels pour l’un des travailleurs et à 7 690 pour l’autre. Soit dix fois plus que les autres ouvriers de la centrale. De tels chiffres indiquent qu’ils ont très certainement reçu une dose supérieure à 250 millisieverts. Notons aussi que de nombreux ouvriers ayant travaillé sur le site de Fukushima ont reçu des taux de radiation tels qu’ils ne peuvent plus intervenir sur les autres sites non accidentés. Face à cette situation les autorités japonaises souhaitent revoir la limite de dose admissible pour les travailleurs en supprimant les 50 millisieverts maximum par an pour ne garder que la limite de 100 millisieverts sur 5 ans.
Source : Les liquidateurs du vieux monde.»
On le voit une fois de plus, en matière de nucléaire on a tout intérêt à s’informer de manière autonome. Voici quelques sites où l’on peut pécher de l’info sur Fukushima et le nucléaire:
Le site du CRAN : http://www.anartoka.com/cran/
Le site Les liquidateurs du vieux monde : http://lesliquidateursduvieuxmonde.wordpress.com/
Le site du laboratoire indépendant la CRIIRAD : http://www.criirad.org/
Le site d’un autre laboratoire indépendant, l’ACRO : http://www.acro.eu.org/
Le site Infonucléaire : http://www.dissident-media.org/infonucleaire/
Rebellyon où des compte-rendu de situation sont régulièrement faits : http://rebellyon.info/
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