
RETOUR LACUNAIRE SUR L’ACTUALITÉ ANTINUCLÉAIRE BAS NORMANDE ET L’ASSEMBLÉE ANTINUCLÉAIRE DE CAEN
L’accident de Fukushima n’a pas fait que remettre au coeur du débat la menace nucléaire, il a également réactivé les oppositions au nucléaire et à son monde. Mais dans le même temps qu’il les réactivait, il a souligné leur faiblesse.
Sur Caen c’est fin mars qu’à l’initiative du CRAN et de compagnon-ne-s de la FSE un rassemblement est organisé. Quelques jours plus tôt les organisations écologistes et citoyennistes classiques ont organisé dans l’urgence un rassemblement devant la préfecture. Quelques 300 personnes se sont réunies. Aucune véritable perspectives n’y sont dégagées.
De notre côté nous maintenons un rassemblement déjà appelé plus tôt pour le mercredi 23 mars au soir. Quelques 90 personnes répondent à l’appel. Un infokiosk et un texte sur l’accident de Fukushima est mis à disposition des gens venu au rassemblement et des nombreux-euses passant-e-s souvent demandeur-se-s d’informations s’arrêtent pour discuter. La vitrine des locaux d’EDF est recouverte d’affiches antinucléaires et nous faisons un petit tour en ville.
Le lendemain nous appelons à une assemblée antinucléaire. Le but est bien de rompre avec la spécialisation si chère à l’industrie nucléaire et au mouvement anitnucléaire. Nous pressentons déjà que face au désastre en cours le mouvement anitnucléaire ne propage que le désert. Europe ecologie englué dans ses stratégies politiciennes, se lance via Cohn-Bendit sur le terrain glissant du référendum pour une sortie du nucléaire, renvoyant la lutte aux calendes grecs et si possible aux lendemains électoraux qui déchantent, et la sortie du nucléaire à un avenir lointain. Localement europe ecologie est encore plus timorée au regard de son expérience de cogestion du nucléaire en Normandie. Quelques mois plus tôt Europe écologie s’est comme de tradition locale abstenue au conseil régional sur un vote de subvention pour le nouveau pôle de recherche et de promotion du nucléaire en Basse-Normandie Nucléopolis.Quant au réseau sortir du nucléaire, il privilégie la lutte médiatique sur les plateaux télés et les émissions radios…
Le 24 mars et les jours suivant l’assemblée de lutte réunira quelques dizaines de particpant-e-s, Nous organiserons débats, projections. Autour des accidents nucléaires et de leur conséquences en diffusant Le Sacrifice, Le Soleil et la mort avec le collectif médecine libertaire sur les suites de la catastrophe de Tchernobyl, mais également sur les luttes antinucléaires avec la projection de Des pierre contre des fusils, sur la bataille contre l’implantation de la centrale de Plogoff. Nous irons perturber un forum sur les métiers du nucléaire à Cherbourg en diffusant un tract sur les dangers du nucléaire. Le 14 mai un rassemblement ne réunit qu’une poignée de participant-e-s sous surveillance policière, G8 oblige.
Le 23 avril à Raids dans la Manche, aux abords du transformateur THT en construction, la chasse aux boulons est ouverte. Plusieurs boulons d’un pylône THT sont démontés sous le regards et les tentatives d’incursion des gendarmes. Cette opération de déboulonnage collectif vise à démontrer que l’opération de construction de ligne THT en cours est déboulonnable et que l’Etat nucléaire est bel et bien vulnérable à la détermination de ces opposant-e-s.
Les boulons sont apportés l’après-midi à la manifestation organisée à Flamanville par la nouvelle coordination antinucléaire régionale (ex stop-epr) et le CRILAN. Cette manifestation regroupe quelques 800 personnes. Des prises de parole ont lieu et des sceaux d’eau sont syboliquement jeté sur la pancarte de la centrale de Flamanville, en référence aux trombes d’au déversées par Tepco, l’opérateur nucléaire japonnais, sur la centrale de Fukushima. Un flic est aspergé par un manifestant peu enclin à ce joujou militant…
Aujourd’hui l’assemblée antinucléaire de Caen continue son bonhomme de chemin, de manière moins publique. Mais force est de constater qu’une fois de plus cette assemblée n’a pas réussi à réunir plus large que la frange radicale caennaise. Qu’aujourd’hui une des priorités de la lutte contre le nucléaire consiste bien à rompre le sentiment d’impuissance régnant au sein même de ceux et celles que le monde nucléaire révulse. En démontrant que celui ci peut être combattu sur un autre terrain que celui emprunté par les organisation écologistes lobbyistes du réseau sortir du nucléaire en passant par geenpeace jusqu’à Europe Ecologie.
Et les Etats nucléaristes engagés sur la voie nucléaire semblent bien prompts à sauver leur programme et leur industrie par tous les moyens, à l’image du gouvernement indien tirant sur des manifestant-e-s opposé-e-s au projet de réacteur nucléaire d’AREVA à Jaitapour, ou en France où des militant-e-s de Greenpeace qui occupaient le chantier EPR de Flamanville ont été délogés violemment : « Le 2 mai au soir, les premiers activistes de Greenpeace ayant participé au blocage du chantier EPR de Flamanville sont sortis de garde à vue. Avec un bilan plus qu’inquiétant : au moins quatre d’entre eux ont subi des violences de la part des forces de l’ordre au moment où ils ont été délogés : un militant a reçu deux décharges de Taser, trois autres ont été frappés et en portent les traces (œil au beurre noir, dent ébréchée). Alors que la gendarmerie déclarait aux journalistes que l’évacuation s’était déroulée sans incident, Greenpeace est inquiète et dénonce la violence témoignée par les « forces de l’ordre ». Deux des activistes ont portés plainte pour violence policière. (…) – Source : Greenpeace ».
C’est sur ce terrain de la lutte directe contre le nucléaire et son monde qu’il faut s’engager si l’on veut stopper l’industrie nucléaire et ses complices. Certain-e-s ont déjà commencé…Un de l’assemblée
ACTIONS DIRECTES CONTRE LE NUCLÉAIRE ET SON MONDE.
Rennes – 18 mars : L’agence EDF de Cleunay est occupée durant quelques heures.
Caen – 23 mars : Collage sur les locaux EDF de Caen lors du rassemblement antinucléaire.
Paris – 06 avril : Intrusion à un colloque à l’université Paris Dauphine où l’ancien directeur de l’Agence Internationale de l’Energie, Tatsuo Masuda, venait présenter la situation à Fukushima, Il est recouvert de peinture indélébile.
Rennes – 08 avril : Murage des locaux d’AREVA.
Lille – 08 avril : Manifestation contre la venue de Valérie Faudon , directrice markating d’AREVA, venue animer un débat sur l’avenir du nucléaire français.
Québec – 13 avril : La représentante régionale d’Hydro-Québec (entreprise publique de l’industrie nucléaire au Québec), Louise Pelletier, a reçu une tarte à la crème en pleine figure à l’ouverture de l’audience publique de la Commission canadienne de sûreté nucléaire
Rennes – 15 avril : appel à saboter le débat sur Fukushima organisé dans le cadre du Forum libération opposant la nucléocrate Koscuisko-Morizet et la gestionnaire du désatre Cécile Duflot.
Madrid – 15 avril : Caillassage des locaux d’Enusa, entreprise espagnole dédiée au nucléaire.
Raids – 23 avril : Déboulonnage de boulons sur un pylone THT.
Hambourg – 26 avril : Une voiture de Vattenfall (entreprise de production d’électricité suédoise) est incendiée.
Berlin – 28 avril : Une voiture de Deustsche Bahn (entrepise ferroviaire publique impliquée dans les transports de déchets radioactifs) est incendiée.
Hambourg – 29 avril : 2 voiture de Vattenfall sont incendiées.
Flamanville – 02 mai : Blocage du chantier EPR par Greenpeace.
Berlin – 14 mai : Le siège de Vattenfall est attaqué avec des pierres et de la peinture.
Berlin – 14 mai : La villa des organisateurs du meeting annuel de l’atomic forum qui réunit les défenseurs du nucléaires, industriels et politicien-ne-s, est attquées aux bombes de peinture.
Berlin – 16 mai : attaque à la bombe de peinture sur le siège de Vattenfall.
Berlin – 17 mai : Des voituires de Deutschze Bahn et de Siemens sont incendiées,
Berne – 16 mai : Locaux du groupe électrique Alpiq et d’une agence de communication vandalisés.
Berlin – 18 mai : Une voiture de Vattenfall est incendiée.
Berlin – 18 mai : Manifestation contre le meeting annuel de l’atomic forum.
Caen – 31 mai : Tags antinucléaires sur l’ASN et l’Ensi Caen
Caen – 31 mai: Perturbation et annulation d’un forum organisé par Nucléopolis.
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