
Le CPE occupe un Pôle Emploi
Le mardi 22 décembre, à Caen, un groupe de chômeurs-ses et précaires (CPE – Collectif Précaire Enragé) fait irruption au pôle emploi à la stupeur des personnes présentes. Mais quel est le problème ? Un copain est radié du pôle emploi depuis 2 mois. Résultat : une suspension de l’attribution vitale de l’allocation logement.
Il doit donc se résigner ou bien essayer d’obtenir du pôle emploi une inscription rétro-active. Il décide de demander de l’ »aide » à une association de chômeurs-ses et précaires (ou pas !) enragés-es (sûrement !). Une descente collective au pôle emploi est décidée après discussion. C’est une action de visibilité qui vise à rompre avec l’isolement qui réduit l’individu-e à l’impuissance face à l’institution. Un tract est rédigé et explique les raisons de l’action et de la colère.
Dans les locaux du pôle emploi ouest rue Claude Chappe les choses se déroulent dans le calme : petits rappels au passage pour dire que l’action n’est pas dirigée contre les employés-es mais bien l’institution comme instrument de contrôle social. Côté public, peu de monde ce jour-là. C’est dans cette ambiance inhabituelle qu’un cadre du pôle emploi accepte de discuter avec le copain mais au conditionnel : pas plus de 2 dans son bureau.
Ca discute donc à huis clos ; le cadre sourcilleux est réticent à réinscrire le pote car ce dernier aurait failli à ses « obligations ». De plus il n’a pas le pouvoir de le faire, sa chef en revanche : oui (souffle-t-il en grimaçant!). Il téléphone donc à sa supérieure car l’heure tourne. Un échange téléphonique s’engage entre lui et elle puis entre elle et le copain. Au téléphone,elle s’oppose par principe à toute négociation sous « pression » et reste sourde à ce qu’elle qualifie de verbiage politique.
On nous dit qu’au pôle emploi on ne fait pas de politique. Pourtant le traitement des chômeurs-ses ces 2 dernières années est bien le fait de politiques publiques : devenu interlocuteur unique, après fusion de l’assedic et de l’anpe, le pôle emploi a pour tâche la rentabilité des secteurs qu’il gère. Sauf que ce modèle a la vie dure dans un contexte de saturation du marché de l’emploi (pénurie d’emplois, crise économique…).
Le temps passe, le pôle emploi est virtuellement fermé. La directrice arrive sur les lieux alors que les renseignements généraux sont déjà là. Les négociations se raidissent et finalement accouchent d’un « accord » provisoire : la directrice accepterait de réinscrire depuis le mois de novembre le copain mais à l’issu d’un entretien individuel ou celui-ci justifiera d’une inscription depuis le mois de novembre en boîtes d’intérim. Entretien par ailleurs dont elle se réserve la fixation de la date et de l’heure.
Une semaine plus tard le copain se rend seul au rendez-vous fixé avec ses justificatifs ; il est pris en charge par les 2 mêmes personnes. Dispositif impressionnant en apparence. Mais l’entretien est bien laborieux pour eux (drôle le moment ou la directrice demande à une employée une aide). L’entretien est plutôt formel : tout se passe comme s’il fallait sauver les apparences. Finalement, la réinscription est accordée. La directrice rappelle qu’il est donc possible de débloquer individuellement une situation (ce qu’elle feint d’ignorer c’est qu’il aura fallu en passer par un rapport de forces pour obtenir ce résultat). Elle rappelle aussi qu’il n’ y a aucuns problèmes au pôle emploi : si tel est le cas pourquoi certains-nes de ses salariés-es pointent le mal être au travail mais aussi des cas de suicides… A l’évidence ils ont la pétoche qu’une action de ce genre se reproduise. Le copain récupérera peu de temps après ses allocations logement.
Ce n’est qu’un combat continuons le début.
Source : Revue Anarchiste Caennaise Apériodique
Brasero n°01 – http://ablogm.com/brasero





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