Copenhague, c’est 37 % de déplacements à vélo, soit 1,2 million de km par jour. Et la capitale danoise vise 50 % en 2015. Philippe Goirand, conseiller municipal de Toulouse délégué aux pistes cyclables, revient de cet « Éden cycliste », où il a participé à la grand-messe mondiale de la bicyclette, le congrès Vélo-City, qui réunit un millier d’élus et de décideurs locaux de toute l’Europe et même d’Amérique.
« Pourquoi tant d’attention pour les cyclistes ? Un intérêt supérieur au nôtre pour la question écologique ? », s’interroge l’élu écologiste, « mais pas seulement : les Danois sont des pragmatiques. Le vélo a été pour eux une réponse à la crise pétrolière, aujourd’hui les autorités considèrent que le vélo génère une économie d’argent public de 0,16 €/km quand les transports motorisés coûtent à la collectivité 0,09 €/km. Et les utilisateurs trouvent simplement le vélo plus rapide, pratique et économique. Et ils mettent jusqu’à 800€ pour acquérir leur vélo ».
Un gain de 1 000 € par an
« On estime qu’un cycliste régulier fait gagner à la société 1 000 € par an », poursuit le spécialiste Vert toulousain : économie par rapport au carburant non consommé, à l’usure des voiries, au transport collectif non emprunté et même par rapport à la santé, le cycliste, plus actif, étant réputé moins malade.
Dans l’agglomération toulousaine, on estime à 4 % le nombre de déplacements à vélo (la dernière enquête ménages sur les déplacements particuliers remonte à 2004) et à 10 % dans le centre-ville.
« On pourrait s’inspirer des autoroutes cyclables danoises, pistes cyclables larges et spécifiques sur de grands axes, déneigées (on est au Danemark), où les feux sont synchronisés pour une vitesse de 20 km/h », suggère l’élu, qui évoque aussi la possibilité de « supprimer une des deux files de stationnement sur certaines voies afin de créer ou élargir les pistes cyclables, de travailler sur leur continuité, ou d’imposer des bordures basses aux trottoirs là où passent les vélos ». Et aussi de travailler sur les services ou la communication : location avec nouvelles vélostations, parking à vélos à Matabiau, aide à l’achat de vélos pliants portables (« on serait pionnier, Paris aide à l’achat des vélos électriques »), site web proposant des itinéraires vélo ou extension du stationnement vélo résident.
Avec 4 % des déplacements à vélo dans le Grand Toulouse et 10 % en centre-ville, la Ville rose est loin des 37 % de Copenhague ou des 30 % de Malmö (Suède). Que manque-t-il à Toulouse pour devenir une capitale de la « petite reine » ?
Même New York s’y met
Si Copenhague, reine mondiale de la « petite reine », s’est fixée comme objectif un déplacement sur deux à vélo en 2015, des villes moins connues pour leur amour de la bicyclette, comme Londres, ou même New York, s’y mettent aussi. La capitale britannique a signé la charte de Bruxelles, avec des villes comme Toulouse, Bruxelles ou Munich, qui fixe comme objectif 15 % des déplacements urbains à vélo en 2015. Dans la « grosse pomme », capitale mondiale de l’automobile reine, « des architectes ont été mis à contribution pour dessiner et penser une nouvelle répartition entre espace dévolu à l’auto et aux vélos, pour une réorganisation de Time Square avec piste cyclable et espace piéton », précise Philippe Goirand, qui prophétise : « D’ici peu, New York ne sera pas plus dangereuse à vélo que Toulouse ! ».
Source : http://www.ladepeche.fr
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