Cyclisme et couchsurfing : le défi de Fabien Villain

Ce Bayeusain de 22 ans vient de boucler son tour de France. Il est rentré à Bayeux en début de mois, après 5 semaines passées à sillonner les routes de l’hexagone, sur son petit vélo… Et son petit nuage.

L’histoireSes yeux bleus pétillent rien qu’à l’évocation du périple qu’il vient d’achever. En mai dernier, à la fin de sa 4e année d’études à l’INSA, une école d’ingénieur à Rennes, et avant d’entamer, en septembre, sa dernière année, synonyme d’entrée dans la vie active, Fabien Villain, Bayeusain de naissance, se lance un défi : faire son tour de France, à vélo. « J’avais envie de faire quelque chose de grand. Petit, j’ai fait du vélo en club. J’adore ça. »

Découverte du couchsurfing

Il lui faut un mois pour se remettre en selle. « À la fin de l’année scolaire, après les exams, je n’étais pas en très grande forme physique. Pendant tout le mois de juin, j’ai repris la natation et la course à pied, de façon intensive. Il m’a aussi fallu tout ce temps pour trouver des couchsurfers », explique Fabien. Car en plus d’avoir comme objectif de boucler ses 2 685 km en un mois, le Bayeusain de 22 ans s’est fixé un autre challenge : celui de n’utiliser que le couchsurfing pour se loger. Le couchsurfing, c’est ce réseau sur Internet, qui met en relation les personnes qui peuvent héberger, et celles qui cherchent un endroit où dormir. « Une expérience très enrichissante. À chaque fois, je suis tombé sur des gens très ouverts et très accueillants. »

Et c’est en fonction des opportunités qui lui étaient offertes, que Fabien a défini son parcours. « Je voulais aussi revoir certains amis, et absolument grimper quelques cols mythiques des Pyrénées et des Alpes. J’ai donc construit mes étapes à partir de toutes ces données. » 28 étapes au total, pour une moyenne de 100 à 120 km par jour.

Coup de foudre pour la montagne

Le futur ingénieur a dû concevoir un système pour fixer un porte-bagages sur son vélo de course, « ça n’a pas été évident, mais j’ai réussi », et il a enfourché sa fidèle monture, le 2 juillet au départ de Bayeux. Il a traversé la Bretagne du Nord au Sud, puis direction, les Pays de la Loire, le Poitou-Charentes, l’Aquitaine, avant d’arriver dans les Pyrénées, avec l’ascension du Tourmalet ou encore celle du col d’Aspin. « Ensuite, j’ai pris le train, pour me rendre dans les Alpes. »

Et là, rebelote : l’Alpes du Huez, le col du Galibier, du Lautaret. « J’en ai pris plein la vue pendant tout mon voyage, mais les paysages de montagne C’était à couper le souffle. » Surtout quand la montée fait 38 km, comme pour le col du Lautaret. « C’est en montagne que l’on rencontre le plus de cyclistes. C’est souvent l’occasion de partager sa roue. C’est très sympa. » C’est aussi en montagne qu’il s’est fait ses plus belles frayeurs. « Je suis arrivé une fois, en plein nuage. Je ne voyais pas à 20 m devant moi, il faisait très froid. J’ai malgré tout entrepris la descente. C’était périlleux, je n’étais pas rassuré. »

Puis ce fut La Bourgogne et ses vignobles, la région Centre, avant de regagner sa Normandie natale, où ses parents l’attendaient, impatients de lui offrir un trophée, acheté pour l’occasion. Sa première coupe, qui vaut tout l’or du monde. Et ce n’est peut-être pas terminé, puisqu’aujourd’hui, Fabien Villain dispute le Grand prix de Plouay, dans le Morbihan.

Source : Bénédicte CHARLES-MUNCH – Ouest-France

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