Vélos sur autoroutes !

C’est officiel, le Folketing (parlement danois) va se lancer dans le projet autrefois utopique de construction d’autoroutes cyclables. C’est ce que rapporte le journal danois Jyllands Posten le 2 septembre dernier (Source: Courrier International du 9 au 15 septembre 2010) . Ce projet de 135 millions d’euros va être mis en place dans les villes de Copenhague, Odense, Arhus et Aalborg.

Le but de ces voies rapides est de désengorger les autoroutes bondées en incitant les automobilistes à enfourcher leurs vélos sur une voie parallèle réservée aux cyclistes. Maria Helledi Streuli, responsable du projet Super-sentiers cyclistes de Copenhague affirme en effet que la plupart des automobilistes n’ont que 5 à 20 kilomètres à effectuer quotidiennement pour se rendre à leur travail, et qu’il serait préférable qu’ils s’y rendent à vélo, autant pour leur santé que pour l’environnement. Étonnement, même la FDM (Fédération des automobilistes danois) soutient ce projet et admet qu’une réduction du nombres d’automobilistes sur les routes danoises serait souhaitable! Les avantages? Des routes lisses, sans détours, sans obstacles, sans feux rouges, sans voitures (!), sans neige. Une aubaine pour les réticents, ou ceux habitant des zones urbaines où se déplacer à vélo est dangereux, voire impossible!

On pourrait cependant se demander si le terme d’ autoroute cyclable ne serait pas un antonyme. Sur les autoroutes, on ne freine pas, on avance vite, toujours plus vite, on double, on râle. A vélo, on se salue entre cyclistes, on avance à sa propre vitesse, on n’est pas angoissé à l’idée d’être coincé dans un bouchon. Alors, vélos et autoroutes font-ils bon ménage? Il serait intéressant de savoir si ces projets d’autoroutes seront la copie conforme de celles existant actuellement, écartées des villes, entourées de béton, avec de l’asphalte pour seul paysage. Circuler à vélo, oui, mais avoir le même état d’esprit que les bagnolards, non! Les cyclistes parviendront-ils à garder leur patience, leur sociabilité, leur sympathie? Ou bien les autoroutes vont-elles les transformer en conducteurs pressés, râleurs, solitaires, à l’image d’une grande partie des automobilistes? Vont-ils devoir se mettre à payer pour circuler, à l’instar des automobilistes qui payent pour leurs infrastructures? L’éloge de la lenteur prôné par beaucoup de cyclistes est ici bafoué, puisque le but même de ces voies rapides est la vitesse. Vite, toujours plus vite! D’autres encore dénonceront la construction de nouvelles routes et ses effets néfastes pour notre environnement, nos paysages…

Alors, les autoroutes cyclables, un mal pour un bien? Un bien pour un mal? Quoi qu’on en pense, d’autres pays s’intéressent déjà à de tels projets, tels que les États-Unis ou encore la Grande-Bretagne

Source : carfree.free.fr