Les retombées économiques des voies vertes

Dans le cadre d’une série de « Compsférences », le sujet d’aujourd’hui traite des retombées économiques des voies vertes.


La commission culture de la commune de Comps organisait vendredi 26 novembre une «  compsférence » sur les retombées économiques des voies vertes. Didier Vignolles, élu à l’information présentait l’objet de la séance aux 70 personnes présentes, composées d’élus, professionnels ou habitants des villages concernés, y compris rive gauche du Rhône. Il a  excusé le maire et le président de la communauté de communes, empêchés,  mais qui avaient souhaité dire tout leur attachement au projet en cours de réalisation.

Agnès Senicourt, présidente de l’association Voie Verte, excuse à son tour Jean Denat et M. Aparis. Elle explique que l’adhésion à l’AF3V (association française pour le développement des voies vertes et vélo routes), a permis d’avoir une vision plus complète et plus efficace des conséquences de l’arrivée de cette voie verte sur notre territoire. Prise de conscience sur  l’enjeu économique et touristique. En effet,  la Via Rhôna (voie cyclable du Léman à la mer) ouvrira des accès y compris européens aux cyclistes  itinérants. Descendant de Genève par Pont St Esprit puis Aramon et la halte fluviale en cours de réalisation par la communauté de communes du Pont du Gard, elle  rejoindra la Voie Verte à Comps.  Avec ce carrefour, « la Compsvergence » se traduira par un afflux de touristes qu’il faudra accueillir et savoir retenir. Dans ce contexte des plus favorables,  le moment semble venu d’anticiper en  abordant les retombées économiques.

Alain Michel, administrateur de l’AF3V (http://www.af3v.org/) présente le diaporama réalisé par Alter Modal (bureau d’études spécialisé) (http://www.voirie-pour-tous.info/Dossier-Economie-du-velo…). En affichant la carte du schéma national 2010 des voies vertes et vélo routes, il fait découvrir à l’assemblée ce carrefour essentiel, unique en France situé sur Comps-Beaucaire qui ressemble à une étoile à  5 branches qui se répartissent comme suit : 1) La future Voie Verte du Pont du Gard ; 2) La Via Rhôna descendant de Pont st esprit par la halte fluviale d’Aramon ; 3) La branche de Via Rhôna vers Fourques et Port St Louis ; 4) La branche vers Bellegarde et Sète ; 5) Et l’Euro vélo route n°8 arrivant de St-Rémy (d’Athènes à Cadix).

L’exposé se poursuit par une analyse chiffrée très sérieuse sur les retombées économiques du vélo qui fait son grand retour, avec des comparatifs entre régions, pays… et les impacts chiffrés sur l’environnement, le commerce, la santé, l’emploi, le tourisme et la consommation d’hébergements. Quelques chiffres marquent les esprits :

Plus 10 000km de pistes et voies cyclables créés en France ; 40 % de la population déclare avoir une pratique régulière mais l’Hexagone est en retard sur ses voisins Européens du Nord ; 87 km par habitant et par an : c’est la moyenne effectuée par les Français alors que les Danois et les Hollandais parcourent plus de  1000 km ; On compte 385 000 séjours de résidents par an et 720 000 séjours d’étrangers par an, utilisant un vélo (soit le leur, soit loué). Au total, 4.5 milliards d’€ de retombées directes pour un effectif de 35 000 emplois. Le tourisme représente 44% du chiffre d’affaire du vélo. Le  touriste itinérant à vélo dépense 68€ par jour. C’est plus que les dépenses du touriste moyen ; 5.6 milliards d’euros, d’après l’OMS, concernent la santé par les économies réalisées grâce à la pratique du vélo. La France est la première destination mondiale pour l’itinérance à vélo. La Provence  est en tête des régions choisies. 500 millions d’euros par an, c’est le poids économique du vélo. C’est sans commune mesure avec le montant de l’effort public. Qui est 9 fois inférieur !

Un public attentif aux informations.

En conclusion Alain Michel incite avec humour à pédaler plus pour gagner plus ! (de liberté, de santé, de plaisir, de qualité environnementale). Dans le court débat qui suit l’exposé,  Agnès Senicourt rappelle l’existence du label Tourisme et Handicap détenu par seulement deux Voies Vertes en France. La Future voie verte du Pont du Gard peut prétendre à ce statut. Le maillage possible à partir de la Via Rhôna vers la rive gauche du Rhône est réclamé. Didier Vignolles souligne la nécessité d’anticiper pour les villages, l’accessibilité à vélo des commerces et écoles. Il relève le rôle important des offices de tourismes dans les processus d’organisation du voyageur à vélo.

L’Association Voie Verte,  en cette  fin d’année 2010,  se félicite des avancées très importantes vers la réalisation de la Voie Verte de Beaucaire au Pont du Gard. Les géomètres sont sur le terrain. Ils effectuent le relevé topographique du projet et vérifient les limites de propriété. La Segard rencontre les maires. L’avis d’appel public à concurrence a été publié pour le concours. Les équipes constituées de paysagiste et ingénieur doivent remettre leur candidature pour le 20 décembre prochain. Le jury se réunira fin janvier pour sélectionner parmi les candidatures reçues, les 3 équipes candidates qui seront admises à présenter les esquisses pour le concours. Le jury se réunira une seconde fois pour analyser le travail rendu et proposera au président du conseil général un classement de 1 à 3. Ce dernier désignera l’équipe lauréate est signera le marché de maîtrise d’œuvre. L’association sera consultée pour le choix. La coordination positive entre le conseil général, la communauté, les mairies et l’association sont des gages de réussite et les habitants seront gagnants à plusieurs titres : pour la sécurité de  leurs déplacements quotidiens ou  de loisir, pour le développement économique de leur village, pour la santé et la qualité de l’environnement.

Source : http://comps.blogs.midilibre.com

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