Le vélo sur la sellette

Comment contre-carrer l’idée reçue que les accidents de la route en vélo sont insignifiants comparés aux accidents à moto, en voiture ou dans un véhicule lourd ? Comment rappeler à tous que le vélo est le moyen de transport le plus sûr de nos villes et de nos campagnes ? Telle est la lourde tâche du ministère, de la Préfecture de Police, et de l’ONISR (Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière) qui recense les accidentés chaque année et dresse le bilan meurtrier époustouflant des usagers en voiture, camions ou des simples piétons. Les autorités sont aujourd’hui impuissantes à redonner à la petite reine ses lettres de noblesse et à réhabiliter le cycle au sein de notre code routier comme moyen de transport sûr.

Il n’existe pas aujourd’hui de solution afin de sortir la condition du cycliste des préjugés de risque meurtrier qui l’environnent. Le vélo n’a pas droit de cité dans nos agglomérations du fait qu’il est considéré comme risqué, du simple fait que sa structure légère en fait un véhicule « fragile » face à la voiture. Plutôt que de juger la bicyclette dans son environnement et de statuer sur son caractère solide et fiable vis-à-vis de la route, de la nature (comme cela se faisait autrefois), on juge la bicyclette dans son rapport de force face à la voiture, donc au sein même de l’accident. Le vélo devient ainsi symbole de l’insécurité et rebute les plus fervents défenseurs de ses valeurs intrinsèques. Le vélo tue 100 fois moins de personnes que la voiture proportionnellement, est 100 fois plus fiable et viable, un million de fois plus économique, il est le symbole de vie lui-même et une solution aux accidents de la route et à la pollution. Il semble néanmoins aux prises avec une sorte de malédiction médiatique et « anti-glamorisante » qui parait n’avoir pas de fin. Il aura eu raison des politiques, des stratégies de communication en tout genre, des « programmes d’insertion » tel que le Vélib,…

Comment changer la donne ? Comment remettre au centre de notre paysage « circulatoire » ce moyen de locomotion noble, symbole de liberté absolue ? (en effet, un vélo se gare n’importe où, il se décore et se « customise » selon les envies et les styles, il est personnel ; il peut devenir de course, de montagne ou de plaisance, il est pliable, rétractable, pratique il peut se faire voler et ne provoquera pas de faillite personnelle, il est véritablement le moyen de locomotion du développement durable et de la simplicité). Cet article a donc pour but d’interroger les gens sur le devenir de la bicyclette et de leur demander clairement : Etes-vous pour ou contre le vélo dans nos rues ? Y croyez-vous ? Allez-vous abonder dans le sens du peuple qui pense que faire du vélo signifie se retrouver appplati sous la roue d’une voiture, avec la pédale sous le pare-choc avant, le guidon dans le coffre arrière et votre tête épinglée au milieu du pare-brise ? Etes-vous le winner, l’homme positif, sain de corps et d’esprit du 21ème siècle, qui va délaisser sa Renault Velsatis consommation 10 litres aux 100 pour faire 5 kilomètres dans la ville, en faveur d’un bon vieux vélo qui l’emportera aussi vite sur son lieu de travail ? Etes-vous celui qui va délaisser son vélo d’appartement avec vue sur les WC ou le pallier pour se remettre en selle de façon libre et intelligente ? Oui, il se peut bien que vous soyez celui-là. En attendant, ni les politiques, ni le commun des mortels, ni toutes les instances liées de près ou de loin au cyclisme ne le croient vraiment…

Source : magazine Vélocité de la Fubicy

via : http://www.citycle.com