Il fait son tour des Côtes-d’Armor à vélo tricycle couché

Trois questions à…

Hervé Ridard, tricycliste,qui fait le tour des Côtes-d’Armor.

À 43 ans, il est parti un jour à la conquête des communes de la Bretagne avec un vélo tricycle couché et une remorque.

Comment vous est venue cette idée ?

J’étais motard à la base, et je faisais les concentrations autour de l’Europe, mais après un accident de moto il y a huit ans et à cause de la rééducation que j’ai faite sur un vélo d’appartement, je me suis réveillé un matin en me disant que je devais faire le tour des 36 565 communes de France (y compris les îles).

C’était une folle idée et les copains m’ont plutôt conseillé de le faire département par département. Et j’ai déjà fait le tour de toutes les communes du 35 soit 335 communes sur les années 2009 et 2010.

Depuis 2011 j’ai attaqué les 373 communes des Côtes-d’Armor, passant tour à tour du bord de la mer, au Centre Bretagne avec quelques interruptions et retour à la maison à Vitré où je recommence à travailler en intérim pour à nouveau avoir des fonds et repartir, car c’est une épopée en autonomie et non sponsorisée.

Quel est votre but ?

Mon but est de découvrir les Côtes-d’Armor au niveau paysage, habitants et modes de vie. D’ailleurs je voudrais dire ici que l’accueil dans les Côtes-d’Armor est bien différent que dans le 35, car depuis quinze jours que je roule à droite ou à gauche des communes, je n’ai pas eu l’occasion de déballer ma tente, ni de manger à la gamelle. Les gens que je croise, partagent mon quotidien. Tous les soirs on m’offre le gîte et le couvert. Je m’intéresse beaucoup à la désertification du monde rural, que j’ai franchement pu constater dans mon périple. Les bistrots sont fermés, plus de Poste, plus de commerce !

Quelle est votre journée type ?

Avec mon tricycle de 22 kg et ma remorque de 30 kg, je fais 100 km par jour en traversant 10 à 15 communes. À chaque fois, je m’arrête pour remplir mon carnet de voyage, preuve de mon passage, et mémoire de mon périple. Si je ne trouve pas la mairie, ou un commerce qui puisse me mettre un tampon, je cherche un habitant pour avoir sa signature. Je reste avec lui un peu, j’écoute son histoire, je réponds à ses questions. Pas de photos, pas d’ordi, le soir, j’écris dans mon journal, je fais des croquis. Après avoir fait étape à Lanrivain avec un déjeuner Chez Jérôme et Virginie et un café chez Anza, me voilà reparti pour d’autres lieux et rencontres humaines !

Source : Ouest-France